Le quatrième colloque du Centre des hautes études de défense et de sécurité (CHEDS) de Dakar s'est ouvert mardi 6 octobre 2026. Les participants, chercheurs et praticiens, ont appelé à repenser la résilience africaine en allant au-delà de la résistance aux crises. Ils préconisent une approche basée sur l'anticipation, l'adaptation et la transformation. Le directeur général du CHEDS, Jean Diémé, a souligné l'importance de renforcer les capacités africaines de recherche et de prospective.
Selon Jean Diémé, la résilience ne doit pas se limiter à la capacité de résister à une crise, mais également inclure la capacité à anticiper les chocs, à en atténuer les effets et à se transformer. Le colloque, qui se tient sur deux jours, a pour thème "Repenser la résilience en Afrique : sécurité, gouvernance et développement durable". Il vise à contribuer à la formation de la décision publique en réunissant des chercheurs et des praticiens.
Le général Diémé a souligné l'interconnexion croissante des vulnérabilités liées à la sécurité, à la gouvernance, à l'économie, aux mutations sociales, aux technologies et à l'environnement. Il a insisté sur la nécessité de renforcer les capacités africaines de recherche, de prospective et de production de données. Le directeur du CHEDS a également souligné l'importance d'associer davantage les jeunes et les femmes à la réflexion stratégique.
Le coordonnateur du comité scientifique du colloque, le professeur Saliou Ndiaye, a défendu le concept de "résilience transformative". Selon lui, il ne s'agit pas de revenir à la situation qui prévalait avant une crise, mais de tirer les enseignements de celle-ci pour construire des sociétés plus fortes et plus équitables. Le professeur Ndiaye a identifié trois grandes orientations pour passer de la crise à la résilience.
La première orientation consiste à "décloisonner notre sécurité" en l'articulant aux dimensions humaine, alimentaire, sanitaire et environnementale. La deuxième orientation concerne "la reconstruction de la confiance par la gouvernance" en favorisant des institutions solides et légitimes. La troisième orientation porte sur la nécessité de "penser le temps long pour le développement durable" en prenant en compte les limites écologiques et le potentiel économique de la jeunesse.
Le professeur Saliou Ndiaye a souligné l'importance de la participation des femmes et des jeunes aux processus de décision. Il a également insisté sur la nécessité de prendre en compte les savoirs endogènes et les impératifs de transition énergétique. Le coordonnateur du comité scientifique du colloque a invité les chercheurs à inscrire leurs réflexions dans les réalités africaines.
Le colloque du CHEDS se termine jeudi. Les participants ont exprimé leur volonté de poursuivre les discussions et de mettre en œuvre les recommandations issues de ce forum international. Le thème de la résilience africaine devrait ainsi rester d'actualité dans les prochains mois.
Key points
- Les chercheurs sénégalais préconisent une approche de résilience fondée sur l'anticipation, l'adaptation et la transformation.
- Le colloque du CHEDS vise à contribuer à la formation de la décision publique en réunissant des chercheurs et des praticiens.
- La participation des jeunes et des femmes est considérée comme essentielle pour renforcer la résilience des sociétés.