Trois associations du secteur privé sénégalais, dont l'Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal (UNACOIS), ont organisé une conférence de presse à Dakar pour dénoncer les difficultés auxquelles elles sont confrontées. Le secrétaire exécutif de l'UNACOIS, Ousmane Sy Ndiaye, a déclaré que les entreprises sénégalaises sont prises en étau par plusieurs fléaux, notamment la concurrence déloyale, les surcoûts des services portuaires et le déficit de dialogue avec l'État.
Les associations, qui comprennent également l'Association des commerçants et industriels du Sénégal (ACIS) et le Collectif des entreprises et acteurs du transport et de la logistique du commerce sénégalais (CEATLCS), estiment qu'elles sont victimes de positions dominantes de certains grands groupes étrangers et du développement d'un commerce non contrôlé. Ces facteurs contribuent à l'affaiblissement du tissu des PME sénégalaises, selon elles. Ousmane Sy Ndiaye a soutenu que ce n'est pas de la concurrence, mais une destruction organisée de leur tissu de PME.
Les associations dénoncent l'entrée au Sénégal de produits subventionnés et sous-facturés, ainsi que le développement d'un commerce non contrôlé. Elles réclament des mesures de sauvegarde des entreprises privées sénégalaises et la création d'une autorité indépendante de régulation de la concurrence, dotée de pouvoirs de contrôle et de sanction. Les associations estiment que les tarifs en vigueur pour le traitement des marchandises entraînent la perte de compétitivité des entreprises privées.
Les frais de manutention et de stationnement sont très élevés, selon les associations, qui dénoncent également le manque de transparence de la fixation de certains tarifs portuaires. Les délais de traitement des conteneurs ne leur conviennent pas non plus. Les associations réclament un audit général et indépendant de la chaîne des coûts portuaires, le plafonnement et la publication officielle des tarifs, ainsi qu'une réforme de la gouvernance de l'espace portuaire.
Les surcoûts finissent par se répercuter sur les prix payés par les consommateurs et affectent la compétitivité des entreprises locales, selon les dirigeants des associations. Ils déplorent le déficit de dialogue entre l'État et le secteur privé sénégalais. Ousmane Sy Ndiaye a regretté que les décisions soient prises sans que les associations ne soient associées.
Les associations proposent que l'État et le secteur privé tiennent des rencontres trimestrielles et que les décisions attendues de leurs échanges fassent régulièrement l'objet d'un suivi et d'une évaluation. Elles tiennent à préciser que leurs revendications n'ont rien d'une opposition aux pouvoirs publics, mais découlent de leur volonté de protéger les entreprises, les emplois et la stabilité économique et sociale du pays.
Ousmane Sy Ndiaye a précisé que le secteur privé national ne demande pas l'aumône ni de subventions. Les associations souhaitent que leurs revendications soient prises en compte pour éviter la fermeture des entreprises privées et engendrer des pertes d'emplois. Le secteur privé national concentre plus de 80 % des emplois et de l'investissement, selon Ousmane Sy Ndiaye.
Key points
- Les associations du secteur privé sénégalais réclament des mesures de protection des entreprises locales face à la concurrence déloyale et aux surcoûts des services portuaires.