Une enquête menée par le Cadre de concertation sur les ressources naturelles (CdC/RN) a mis à nu les dérives de la gestion des fonds destinés à la lutte contre l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC). Les résultats, publiés récemment, révèlent un système mafieux où détournements, surfacturations et népotisme sont monnaie courante. L'enquête s'est concentrée sur les zones de santé de Bunia, Rwampara et Mongbwalu, en Ituri, épicentre de l'épidémie.

Selon l'enquête, la corruption est endémique et la coordination des actions est chaotique. Les 53 acteurs interrogés, dont des responsables locaux et des agents de santé, ont confirmé ces dysfonctionnements. Les dysfonctionnements sont tels que les agents de santé perçoivent des salaires très disparates pour le même travail. L'écart moyen entre les rémunérations annoncées et celles effectivement perçues s'élève à 186 dollars. Cette situation a des conséquences graves sur la qualité des soins prodigués.

Les surfacturations et les détournements de fonds sont également monnaie courante. L'enquête a documenté des cas de surfacturations dans la logistique, notamment pour les véhicules, les matériels et les logements. Le CdC/RN affirme que les montants annoncés et les fonds effectivement reçus ne correspondent pas. Par exemple, 165 millions de dollars ont été annoncés, mais seulement 65 millions ont été reçus au 15 septembre.

La situation est d'autant plus préoccupante que les problèmes de paiement et les mouvements de grève persistaient encore en septembre. Les agents de santé et les responsables locaux sont inquiets et exigent une meilleure gestion des fonds. Le CdC/RN a lancé un appel solennel aux médias et à la société civile pour renforcer le contrôle citoyen sur les ressources mobilisées pour la riposte.

Pour mettre fin à ces dysfonctionnements, le CdC/RN propose plusieurs mesures, notamment le paiement par Mobile money, l'affichage public des budgets, les audits indépendants et une meilleure protection des lanceurs d'alerte. Ces mesures pourraient mettre un terme à l'hémorragie financière et améliorer la gestion des fonds destinés à la lutte contre l'épidémie.

La situation en RDC est d'autant plus préoccupante que chaque crise sanitaire est une aubaine pour les détourneurs de fonds. Les autorités congolaises sont appelées à faire toute la lumière sur les fonds qui affluent et sur ceux qui les manient. Il est urgent de mettre fin à cette culture toxique de l'impunité et de gérer chaque dollar comme un bien sacré destiné à l'intérêt national.

Les partenaires internationaux, lassés de voir leurs contributions s'évaporer dans les méandres de la corruption, finiront par fermer les robinets. La RDC devra alors compter sur elle-même pour assainir ses pratiques et mettre fin à cette culture de l'impunité. L'enjeu est de taille : il s'agit de sauver des vies humaines et de renforcer la confiance des citoyens dans les institutions.

Key points

  • L'enquête du CdC/RN révèle des dysfonctionnements graves dans la gestion des fonds destinés à la lutte contre l'épidémie d'Ebola en RDC.
  • Les surfacturations et les détournements de fonds sont monnaie courante dans la gestion des fonds Ebola en RDC.
  • Le CdC/RN propose plusieurs mesures pour améliorer la gestion des fonds et mettre fin à l'hémorragie financière.

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SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.