Les récentes coupures d'électricité en Tunisie ont mis en évidence les vulnérabilités du système énergétique du pays. Selon l'expert Omar Chaâlal, ces coupures sont dues à une combinaison de facteurs tels que le déficit de capacité de production, l'état des infrastructures et la gestion des pointes de consommation. La Tunisie dépend fortement du gaz naturel pour sa production d'électricité, ce qui la rend vulnérable aux fluctuations de l'approvisionnement et aux tensions sur les marchés énergétiques.

La modernisation du réseau électrique tunisien est cruciale pour renforcer la sécurité énergétique. Les infrastructures de transport électrique sont vieillissantes et l'endettement important de la Société tunisienne d'électricité et de gaz (STEG) a limité les capacités de modernisation et de maintenance du réseau. L'intégration de nouvelles capacités renouvelables nécessite parallèlement un réseau capable de transporter, distribuer et équilibrer cette production. Selon Omar Chaâlal, la question des infrastructures ne peut pas être dissociée de celle de la transition énergétique.

La gestion de la demande est également un enjeu majeur pour la sécurité énergétique en Tunisie. La climatisation résidentielle représente près de 50% de la consommation estivale, mais la réponse demeure essentiellement réactive. Le pays ne dispose pas encore, à l'échelle nécessaire, des outils de réseau intelligent ou de tarification différenciée selon les heures d'utilisation permettant de lisser le pic de charge, estimé à 6 gigawatts. Omar Chaâlal estime que les coupures d'électricité de 2026 sont la conséquence d'investissements différés et d'un déficit d'entretien des infrastructures.

Les conséquences économiques des coupures d'électricité sont importantes. Les industries et les services sont affectés, notamment les chaînes d'automatisation industrielle qui peuvent subir une interruption immédiate de la production lors de coupures imprévues. Les services régionaux de distribution d'eau dépendent également de l'énergie électrique, et les pannes peuvent provoquer des perturbations simultanées dans l'approvisionnement en électricité et en eau. Les coupures d'électricité peuvent également affecter l'attractivité économique de la Tunisie.

Selon Omar Chaâlal, la Tunisie dispose de tous les atouts nécessaires pour transformer sa vulnérabilité du réseau en un puissant moteur économique. Il estime que la diversification du mix énergétique est un enjeu majeur de sécurité énergétique. La Tunisie jouit d'un potentiel solaire de classe mondiale, d'une position géographique stratégique et de talents locaux brillants en ingénierie. Il suffit d'adopter la bonne stratégie technique pour valoriser ce potentiel.

La mise en place d'une stratégie globale pour la sécurité énergétique en Tunisie nécessite la mobilisation de plusieurs leviers. La modernisation du réseau, la maîtrise de la demande, le stockage et le développement du photovoltaïque sont des éléments clés pour renforcer la sécurité énergétique et mieux valoriser le potentiel solaire du pays. Selon Omar Chaâlal, le coût pour la Tunisie de subir ces coupures est bien plus élevé que celui de la remise en état du réseau.

La Tunisie doit passer d'une gestion essentiellement réactive des pics de consommation à une approche davantage anticipative, fondée sur la planification, la maintenance et la modernisation du réseau. Les pouvoirs publics doivent intégrer les coûts liés aux arrêts de production, aux équipements endommagés et à une éventuelle réduction de l'attractivité pour les investisseurs dans l'évaluation économique des investissements nécessaires à la modernisation du système énergétique.

Key points

  • La Tunisie doit diversifier son mix énergétique pour renforcer sa sécurité énergétique.
  • La modernisation du réseau électrique tunisien est cruciale pour renforcer la sécurité énergétique.
  • La gestion de la demande est un enjeu majeur pour la sécurité énergétique en Tunisie.

Share this story

Written by

SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.