A l'approche de la Journée internationale contre la violence et le harcèlement en milieu scolaire, y compris le cyberharcèlement des enfants, l'UNICEF Tunisie a publié une étude récente qui met en lumière l'ampleur du phénomène. Selon l'enquête "U-Report", 45% des adolescents ayant participé ont déclaré avoir été victimes d'une forme de violence en ligne ou en avoir été témoins. Cette étude révèle également que 12% des participants à l'enquête ont déclaré s'être absentés de l'école en raison de violences en ligne.

La violence numérique peut prendre plusieurs formes, notamment des insultes, des moqueries répétées, la propagation de rumeurs, la diffamation, des menaces, la diffusion de photos ou de vidéos d'un enfant sans son consentement, l'usurpation d'identité ou encore le chantage. Les auteurs de ces actes peuvent rester anonymes, ce qui rend difficile la protection des enfants. De plus, les abus peuvent se déplacer des plateformes numériques vers le milieu scolaire et social, ou se poursuivre jusque dans le domicile familial.

Les conséquences de cette expérience peuvent être graves et avoir des impacts sur la santé mentale, le comportement et les relations quotidiennes des enfants. Les enfants victimes de cyberharcèlement peuvent ressentir de la peur, de l'anxiété, de la honte ou de la colère, et tendre à s'isoler, à s'éloigner de leurs amis ou à délaisser les activités qu'ils pratiquaient habituellement. Des troubles du sommeil ou de l'appétit, une baisse des résultats scolaires, voire des plaintes somatiques sans cause organique identifiée, peuvent également apparaître.

L'enquête nationale sur la violence à l'égard des femmes, menée en 2022 et publiée par l'Institut national de la statistique en mars 2024, révèle que 37,1% des filles âgées de 15 à 17 ans ont été victimes d'au moins une forme de violence numérique au cours des 12 mois précédant l'enquête. Cet indicateur porte sur la violence numérique dans son acception large et met en lumière la nécessité de prendre des mesures pour protéger les enfants et les adolescents des violences en ligne.

L'UNICEF Tunisie souligne également que 80% des participants à l'enquête U-Report de 2020 ignorent les mécanismes de signalement des violences dans l'espace numérique. Cela met en évidence la nécessité de sensibiliser les enfants et les adolescents aux dispositifs de protection et aux mécanismes de signalement des violences en ligne.

Pour lutter contre le cyberharcèlement des enfants, il est essentiel de mettre en place des mesures de protection et de sensibilisation. Les autorités tunisiennes, ainsi que les organisations internationales, doivent travailler ensemble pour élaborer des stratégies efficaces pour prévenir et combattre ce phénomène. Les parents, les enseignants et les éducateurs doivent également jouer un rôle important dans la prévention et la détection des signes de cyberharcèlement.

La lutte contre le cyberharcèlement des enfants nécessite une approche globale et coordonnée. Les pouvoirs publics, les organisations de la société civile et les familles doivent travailler ensemble pour protéger les enfants et les adolescents des violences en ligne. L'UNICEF Tunisie et d'autres organisations internationales sont mobilisées pour soutenir les efforts de la Tunisie pour lutter contre ce phénomène.

Key points

  • 45% des adolescents tunisiens ayant participé à l'enquête "U-Report" ont déclaré avoir été victimes d'une forme de violence en ligne ou en avoir été témoins.
  • 80% des participants à l'enquête U-Report de 2020 ignorent les mécanismes de signalement des violences dans l'espace numérique.
  • 37,1% des filles âgées de 15 à 17 ans ont été victimes d'au moins une forme de violence numérique au cours des 12 mois précédant l'enquête nationale sur la violence à l'égard des femmes.

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SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.