Le cyber-harcèlement a pris une ampleur inquiétante au Sénégal, se transformant en un véritable business lucratif. Des affaires telles que Diodio Glow Skin, Rox, et Awa Baldé ont révélé que des sommes importantes sont utilisées pour détruire des réputations sur les réseaux sociaux. Selon des informations rapportées par L'OBS, derrière le cyberharcèlement, il y a un système de racket organisé.

L'influenceuse Mame Diarra Thiam, alias Diodio Glow Skin, a été citée dans une procédure portant sur des faits présumés de cyber-harcèlement. Des versements d'argent effectués au profit de plusieurs acteurs de TikTok, dont Rokhaya Fall, alias Rox la Chancelière, Adamo et Kaliphone, ont attiré l'attention des enquêteurs. Les montants évoqués dans la presse atteindraient plusieurs millions de FCfa.

Le liveur Kaliphone Sall a évoqué publiquement le principe d'un paiement préalable pour écouter un audio, puis d'une somme supplémentaire pour le diffuser dans ses panels. « Il faut même me payer avant que je ne réponde à l'audio. Il faut aussi débourser une somme pour traiter de ce cas lors de mes panels », a-t-il déclaré. Cela révèle un système de rémunération pour les services de cyber-harcèlement.

L'affaire d'une vente de terrain opposant l'influenceuse Awa Baldé aux hommes d'affaires Aziz Ndiaye et Elimane Lam a connu le même scénario. Estimant que les engagements financiers liés à cette transaction n'avaient pas été respectés, Awa Baldé avait engagé une procédure judiciaire contre les deux hommes. L'affaire a finalement été jugée prescrite, sans que sa plainte n'aboutisse à la reconnaissance judiciaire des faits qu'elle dénonçait.

L'affaire a continué sur les réseaux sociaux, avec Awa Baldé prenant la parole dans des panels et exprimant publiquement son désaccord. C'est dans ce contexte que Rokhaya Fall, alias Rox la Chancelière, s'en est prise verbalement à elle sur les réseaux. Des audios présentés comme des échanges privés entre Rox et l'un des deux hommes d'affaires ont circulé, après l'inculpation des prévenus dans l'affaire Diodio Glow Skin.

Dans ces enregistrements, Rox évoquerait le fait de s'être attaquée à Awa Baldé afin que celle-ci cesse de s'en prendre aux deux hommes. Ces propos ont nourri le soupçon d'une intervention menée pour leur compte et, pour certains, celui d'une attaque rémunérée. Cependant, les extraits audio ne permettent pas d'établir qu'un paiement a effectivement été effectué en contrepartie des insultes.

Un autre dossier concerne l'actrice et influenceuse Sophie Touré, dont la vie privée a été exposée dans un panel animé par le liveur Serigne Bada Kémane. Ce dernier aurait affirmé que le mariage de l'actrice avec un célèbre marabout relevait davantage de l'intérêt financier que d'un choix sentimental. Il aurait également diffusé un enregistrement attribué à la mère de Sophie Touré, dans lequel celle-ci interroge sa fille sur la situation financière de son futur époux.

Key points

  • Le cyber-harcèlement est devenu un business lucratif au Sénégal.
  • Des sommes importantes sont utilisées pour détruire des réputations sur les réseaux sociaux.
  • Les autorités enquêtent sur les mécanismes présumés de rémunération pour les services de cyber-harcèlement.

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SaharaWire Newsroom
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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.