Le conflit entre le Parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) et la Chambre nationale des huissiers de justice de Guinée s'aggrave. Le Parquet spécial a publié un communiqué lundi 5 octobre 2026, en réponse aux menaces de débrayage brandies par certains huissiers. Cette tension fait suite au placement sous mandat de dépôt de Maître Sory Daouda Camara et Mandjou Sangaré, deux huissiers de justice.

Les deux huissiers sont poursuivis pour des faits présumés d'escroquerie au jugement, faux en écriture publique et authentique, usage de faux, usurpation de titre et de fonction, et complicité. Ces accusations sont liées à une affaire opposant Ecobank Guinée à plusieurs personnes. Le Parquet spécial affirme que l'affaire trouve son origine dans une plainte déposée le 16 juin 2026 par Ecobank Guinée, concernant une procédure de saisie-attribution portant sur une créance issue d'une ordonnance rendue en 1999.

La Chambre nationale des huissiers, réunie en assemblée extraordinaire le 2 octobre, avait annoncé des mesures pouvant aller jusqu'à un mouvement de débrayage si ses confrères ne retrouvaient pas leur liberté. Le président de la Chambre, Maître Aboubacar Camara, estimait que les deux hommes avaient agi dans le cadre professionnel et qu'on n'avait rien à leur reprocher. Le Parquet spécial conteste cette position et affirme que les poursuites visent des personnes nommées pour des faits précis.

Le Parquet spécial a rappelé que la culpabilité ou l'innocence des prévenus relève exclusivement des juges appelés à statuer sur leur responsabilité pénale. La procédure se poursuivra dans le respect des droits de la défense et de la présomption d'innocence. Le Parquet spécial a également rappelé qu'aucun statut ni aucun titre ne saurait faire obstacle à son action.

Le montant réclamé à Ecobank Guinée s'élève à 4,602 millions de dollars américains et plus de 3,099 milliards de francs guinéens. Le Parquet spécial affirme que le placement sous mandat de dépôt des deux huissiers découle de la procédure pénale et de la gravité des faits reprochés. Leur demande de mise en liberté a été rejetée après leur présentation devant la chambre de jugement de la CRIEF.

Le Parquet spécial adopte un ton particulièrement ferme dans sa mise au point. Il appelle les intéressés à privilégier les arguments juridiques plutôt que les menaces de cessation d'activités. Le message est sans ambiguïté : le Parquet spécial ne cédera à aucune pression, d'où qu'elle vienne, et appelle les acteurs concernés à faire confiance à la justice et à utiliser uniquement les moyens légaux de défense.

La procédure pénale se poursuivra dans le respect des droits de la défense et de la présomption d'innocence. Le Parquet spécial près la CRIEF et la Chambre nationale des huissiers de justice de Guinée sont dans une situation de bras de fer. Les huissiers menacent de débrayer si leurs confrères ne sont pas libérés.

Key points

  • Le Parquet spécial répond aux menaces de débrayage des huissiers après le placement sous mandat de dépôt de deux d'entre eux.
  • Les deux huissiers sont poursuivis pour des faits présumés d'escroquerie au jugement et de faux en écriture publique.
  • Le Parquet spécial adopte un ton ferme et appelle les acteurs concernés à faire confiance à la justice.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.