Un crash aérien est survenu vendredi 25 septembre dans une parcelle du quartier Manzau, dans la commune de Masikita, tuant 17 personnes, dont 13 militaires et 4 civils, parmi lesquels un enfant. L'appareil, un Let 410 immatriculé 9S-GUC, appartenait à la compagnie Tracep Congo Aviation et effectuait une rotation Ndolo-Kikwit-Ilebo-retour. Le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalayi Tiende, premier président de la Haute cour militaire, et le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, auditeur général des FARDC, figuraient parmi les disparus.
Les circonstances précises du crash restent à établir, mais selon les éléments communiqués, l'appareil était parti de Kikwit à 11 h 45 et s'est écrasé vers 13 h 14 à Kenge alors qu'il se dirigeait vers Kinshasa. Aucun survivant n'a été retrouvé. La ville de Kenge disposait autrefois d'une piste d'atterrissage, mais celle-ci n'est plus fonctionnelle et une partie de son emprise est aujourd'hui occupée par des habitations.
Le président du Conseil d'administration de la RVA, Tryphon Kin-Kiey Mulumba, a dénoncé la spoliation des plateformes aéroportuaires par des puissances financières et politiques locales. Selon lui, Kenge, capitale provinciale, n'a plus de piste, alors qu'une telle infrastructure aurait pu constituer une solution en cas de nécessité. Il évoque l'existence d'une piste délocalisée, jugée difficilement exploitable.
Le président Félix Tshisekedi a exigé une enquête approfondie pour établir les causes et les responsabilités éventuelles. Le Burundi, par la voix d'Évariste Ndayishimiye, a exprimé sa solidarité avec la RDC. Les familles des victimes veulent connaître la vérité sur les circonstances exactes du crash.
Les 17 dépouilles ont été acheminées à Kinshasa dans la nuit de vendredi à samedi, mais l'identification demeure pratiquement impossible en raison de la calcination des corps. Seul le pilote a pu être reconnu. Les familles devront attendre les résultats des procédures médico-légales et des examens scientifiques destinés à établir formellement l'identité de leurs proches.
Le vice-Premier ministre chargé des Transports, Jean-Pierre Bemba, a ordonné la suspension immédiate du certificat de transporteur aérien de Tracep Congo Aviation. La compagnie est interdite de vol sur l'ensemble du territoire national jusqu'à la fin de l'enquête menée par le Bureau permanent d'enquêtes d'accidents et incidents d'aviation.
L'enquête devra déterminer si l'aéronef répondait aux exigences de sécurité et si toutes les procédures réglementaires avaient été respectées. Les enquêteurs devront exploiter les débris, les témoignages, les données techniques, les registres de maintenance et les informations relatives au contrôle du vol pour comprendre le cheminement de l'aéronef jusqu'à son écrasement.
Key points
- Le crash de Kenge a tué 17 personnes, dont les deux plus hauts responsables de la justice militaire congolaise.
- La ville de Kenge ne dispose plus d'une piste d'atterrissage opérationnelle.
- L'enquête sur le crash est en cours, et les autorités cherchent à déterminer les causes et les responsabilités éventuelles.