Le drame aérien qui a endeuillé Kenge, dans le Kwango, commence à soulever une série de questions auxquelles les autorités congolaises veulent désormais apporter des réponses précises. Au-delà du bilan humain, lourd de 17 morts, l’état de l’appareil, son suivi technique, les conditions de son dernier vol et la situation de l’ancien aérodrome de Kenge figurent parmi les principaux points sur lesquels l’enquête devra faire la lumière.
Le gouvernement a déjà engagé les premières démarches pour établir les responsabilités, notamment en saisissant les responsables de l’Autorité de l’aviation civile (AAC/RDC) et de la Régie des voies aériennes (RVA SA). Le vice-Premier ministre, ministre des Transports, Voies de communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba Gombo, a demandé à chacun de transmettre des informations précises sur l’aéronef accidenté et sur les circonstances du drame.
L’enquête est menée par le Bureau permanent d’enquêtes d’accidents et incidents d’aviation (BPEA), dont les enquêteurs ont été dépêchés sur le site. Le BPEA a demandé que la zone soit sécurisée et que les éléments susceptibles d’intéresser l’enquête soient préservés. Les autorités ont également suspendu les activités de TRACEP Congo Aviation, la compagnie qui exploitait l’appareil accidenté.
Le crash a fait 17 victimes, dont 13 passagers et 4 membres d’équipage. Parmi les victimes figurent deux officiers généraux occupant des fonctions majeures dans l’appareil judiciaire et militaire congolais : le lieutenant-général Mutombo Katalayi Tiende Joseph et le lieutenant-général Likulia Bakumi Lucien René. Plusieurs autres membres de la délégation ont également péri.
Selon les informations communiquées localement, l’avion aurait rencontré des difficultés techniques alors qu’il se trouvait entre Kikwit et Kinshasa. L’équipage aurait alors tenté de rejoindre Kenge pour effectuer un atterrissage d’urgence. L’ancien aérodrome de Kenge, qui n’est plus présenté comme une infrastructure aéronautique fonctionnelle, est au cœur de l’enquête.
La suspension des activités de TRACEP Congo Aviation est une conséquence immédiate du crash. Le Certificat de transporteur aérien (CTA) de la compagnie a été suspendu par Jean-Pierre Bemba, entraînant l’arrêt de l’exploitation de ses appareils sur l’ensemble du territoire national jusqu’à la fin des investigations du BPEA.
L’enquête devra également déterminer si l’ancien aérodrome de Kenge pouvait raisonnablement être considéré comme une solution d’urgence pour un appareil en difficulté. La réponse appartient désormais aux autorités compétentes, notamment la RVA, qui devra contribuer à établir l’état réel des installations aéronautiques concernées et leur statut.
Key points
- Le crash d'un avion Let 410 immatriculé 9S-GUC à Kenge, dans le Kwango, a fait 17 morts.
- L'enquête est menée par le Bureau permanent d’enquêtes d’accidents et incidents d’aviation (BPEA).
- Les activités de TRACEP Congo Aviation ont été suspendues par le gouvernement.