Chaque année, l'UEMOA consacre le mois d'octobre à la promotion du consommer local. Cette initiative communautaire se traduit par des activités de sensibilisation et de valorisation des produits locaux, à Bamako comme dans les régions. Les activités comprennent des expositions-ventes, des rencontres thématiques, des visites d’unités de transformation et la promotion des savoir-faire. Ces actions rapprochent producteurs, entreprises et consommateurs.
La présente tribune s’inscrit dans le cadre de cette mobilisation et du thème de l’édition 2026: « Consommer local, facteur d’intégration régionale et de souveraineté économique de l’UEMOA face aux mutations du commerce mondial». L'objectif est de contribuer à inscrire la préférence pour les productions de l’Union dans les pratiques d’achat et les politiques de développement tout au long de l’année.
Promouvoir le « consommer local » dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine répond à une ambition légitime: transformer davantage les ressources, créer des emplois et renforcer la souveraineté économique. Cependant, cette ambition soulève une question décisive: Comment faire bénéficier tous les États membres de l’élargissement du marché régional, malgré leurs différences de capacités productives ?
Le commerce entre les membres de l’UEMOA ne représente encore qu’environ 15% de leurs échanges totaux de biens en 2024, selon la Banque Centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO). La Côte d’Ivoire et le Sénégal assurent ensemble environ 72,4% des ventes intracommunautaires. Le Mali représente, à lui seul, 47,7% des achats réalisés entre pays de l’Union.
Les données de la BCEAO pour 2024 illustrent l’asymétrie des échanges. Les trois pays de l’Alliance des États du Sahel, Burkina Faso, Mali et Niger, concentrent environ 72,8% de ces achats, contre 13,8% des ventes. Ces proportions concernent le commerce interne à l’UEMOA, et non l’ensemble du commerce extérieur de ces pays.
Acheter auprès d’un commerçant installé dans un pays ne signifie pas nécessairement acheter un produit fabriqué dans ce pays. Le « consommer local » agit sur la demande. Le contenu local concerne la participation effective des travailleurs, des fournisseurs et des compétences à la production. Les deux démarches doivent se renforcer.
La solidarité appartient déjà au projet communautaire. Le Fonds d’aide à l’intégration régionale, le FAIR, constitue un instrument existant, notamment destiné au financement d’infrastructures sociocommunautaires dans les territoires défavorisés. Il convient aujourd’hui d’en évaluer les résultats et d’examiner comment mieux accompagner le rattrapage productif.
Key points
- Le consommer local est un facteur d’intégration régionale et de souveraineté économique de l’UEMOA.
- Le commerce entre les membres de l’UEMOA ne représente encore qu’environ 15% de leurs échanges totaux de biens en 2024.
- La solidarité communautaire possède des bases institutionnelles.