Paris, 4 octobre 2026 - Les résultats de l'Africa Risk Index (ARI) pour les 54 États du continent ont été dévoilés lors de la première édition d'un forum international consacré aux enjeux de risque, de souveraineté et de transformation de l'Afrique, tenu à Paris, en France. Cet événement a permis de présenter les résultats de l'indice de résilience et de vulnérabilité souveraine couvrant l'ensemble de l'Afrique.
L'Africa Risk Index repose sur quatre piliers, à savoir la macroéconomie, le système bancaire et financier, les risques externes et la gouvernance. Selon Junior Mbuyi, expert congolais en finances et président-fondateur d'Africa Risk, c'est la première fois qu'un tel indice est conçu, calculé et publié depuis le continent lui-même. Les résultats ont été présentés pour les 54 États africains, chacun étant assorti de son intervalle de confiance et d'un indicateur de fiabilité des données.
Les cadres prudentiels internationaux ont été construits pour mesurer le risque de crédit, de marché et opérationnel. Cependant, ils n'ont pas été conçus pour capturer, de façon autonome et quantifiée, le risque géopolitique. La Banque centrale européenne a placé la résilience aux chocs géopolitiques en première priorité de son cycle de supervision 2026-2028 et a conduit son premier test de résistance inversé auprès de cent dix banques européennes.
Plus de soixante-dix mille points de données ont été collectés et contrôlés selon un cadre de qualité inspiré des principes BCBS 239 du Comité de Bâle. Junior Mbuyi a souligné que l'enjeu est financier avant d'être symbolique. Une analyse commandée par la Banque africaine de développement à Moody's Analytics a montré que le taux de perte moyen des projets africains est de 1,7 %, contre 13 % en Amérique latine et 10 % en Europe de l'Est.
L'Afrique ne devrait plus être évaluée, elle devrait évaluer, selon Junior Mbuyi. Sur la question du portefeuille souverain, la Banque mondiale relève un taux de défaut annuel proche de 0,7 %, assorti d'un taux de recouvrement élevé. Cependant, le continent continue de payer une prime estimée à 2,9 points de pourcentage au-dessus d'un taux qui refléterait son risque réel.
Le Forum a également été l'occasion pour le président d'Africa Risk de présenter le Risk Calculator Engine (RCE), un moteur de quantification prudentielle destiné aux banques, aux banques centrales, aux régulateurs, aux ministères des Finances et aux investisseurs. Trois panels ont été organisés au cours de cette soirée avec des experts, des représentants de banques centrales et de régulateurs, des dirigeants bancaires et des diplomates africains.
Ensemble, l'ARI et le RCE forment une chaîne allant de la donnée à la décision : mesurer une vulnérabilité, simuler sa matérialisation, et en quantifier l'impact sur les bilans bancaires et les finances publiques. Ce forum a réuni plus de quatre cents décideurs africains et français, parmi lesquels Michel Sapin, ancien ministre français de l'Économie et des Finances, et des ambassadeurs de plusieurs pays africains.
Key points
- Les résultats de l'Africa Risk Index pour les 54 États africains ont été dévoilés à Paris lors d'un forum international.
- L'indice repose sur quatre piliers : la macroéconomie, le système bancaire et financier, les risques externes et la gouvernance.
- Le Risk Calculator Engine a été présenté pour aider les banques, les banques centrales et les régulateurs à quantifier les risques.