Les rues et trottoirs de la capitale guinéenne connaissent un recommencement permanent des activités d'aménagement. Les services publics se succèdent régulièrement à certains endroits, provoquant une impression de travaux jamais achevés. Un premier service public réalise un aménagement qu'on croyait définitif, mais un autre service intervient ensuite et détruit tout ce qui a été fait. Cette situation crée un sentiment d'agacement légitime chez les citoyens.

Un exemple illustratif est celui d'un trottoir récemment dallé qui a été détruit par l'EDG pour faire passer du courant électrique de haute tension dans le cadre de l'électrification de Kaloum. L'EDG a justifié son action par la nécessité de réaliser ce projet. Cependant, cela a entraîné une double dépense, car le premier pavage réalisé a été entièrement détruit. Ce cas n'est pas isolé et concerne plusieurs services publics, tels que les Travaux publics, l'urbanisme, la SEG ou d'autres intervenants de l'État.

Le constat est amer : le manque de coordination inter-services et la sectorisation des chantiers transforment souvent l'espace urbain en un chantier permanent et chaotique. Les destructions répétées des infrastructures entraînent non seulement du gaspillage de deniers publics, mais également une source d'agacement légitime pour les citoyens. Pour sortir de ce cercle vicieux, il est nécessaire de mettre en place une approche structurée pour harmoniser l'action publique et éviter ces destructions en chaîne.

Les spécialistes recommandent la mise en place d'un guichet unique et d'une planification conjointe pour coordonner les actions des différents services. Cela implique la création d'un comité inter-services regroupant tous les intervenants du secteur pour valider un calendrier de travaux avant leur début. Tout doit être synchronisé en amont pour éviter les conflits de travaux. Cette approche permettrait de gérer efficacement la superposition d'actions sur une même infrastructure.

Les spécialistes suggèrent également d'aller plus loin en exigeant la création de caniveaux visitables ou de fourreaux souterrains à usage commun à tous les intervenants sur le réseau routier. Cela permettrait d'anticiper le sous-sol et d'éviter d'avoir à ouvrir la surface pour réaliser des travaux. Lorsqu'un service technique doit passer un câble ou une canalisation, il peut utiliser les passages prévus à cet effet sans casser le béton ou le dallage neuf.

D'autres approches sont recommandées, telles que l'instauration d'un mécanisme de coresponsabilité et de redevabilité, où ceux qui détruisent des infrastructures sont tenus de financer les réparations. Un outil numérique cartographique centralisé, tel qu'un Système d'Information Géographique (SIG), peut également être développé pour permettre aux services de planifier leurs interventions géolocalisées et d'éviter les conflits de travaux.

La coordination des activités des différents services publics intervenant sur la voirie urbaine en Guinée est un défi majeur qui nécessite des solutions urgentes. La mise en place d'une approche structurée et la coordination des actions des différents services peuvent permettre d'éviter les destructions en chaîne et de réduire le gaspillage de deniers publics.

Key points

  • La Guinée doit mettre en place un guichet unique et une planification conjointe pour coordonner les actions des différents services publics.
  • La création de caniveaux visitables ou de fourreaux souterrains à usage commun peut aider à anticiper le sous-sol et à éviter les destructions d'infrastructures.
  • L'instauration d'un mécanisme de coresponsabilité et de redevabilité peut aider à réduire le gaspillage de deniers publics.

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SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.