Une conférence internationale s'est tenue à Madrid pour discuter du thème "Le tourisme sous occupation : le cas de la ville de Dakhla". L'événement a permis de présenter un rapport sur les investissements touristiques dans les territoires sahraouis occupés et leurs implications politiques, économiques et juridiques. Le Front Polisario a annoncé une action en justice visant à faire annuler l'autorisation accordée à la compagnie aérienne irlandaise Ryanair pour desservir Dakhla.

La conférence a réuni des responsables sahraouis, des parlementaires espagnols, l'eurodéputé Jaume Asens, des avocats et des universitaires. Les intervenants ont unanimement alerté sur la promotion de Dakhla comme une ville marocaine, une représentation qui contribue à occulter la réalité de l'occupation et les droits légitimes du peuple sahraoui. Ils ont souligné les enjeux liés à l'exploitation des ressources naturelles du territoire sans le consentement de sa population.

Selon le rapport présenté, les grands projets touristiques développés par le Maroc à Dakhla visent à faire illégitimement de cette ville une destination "attractive" pour les investisseurs étrangers. Cette stratégie tend à blanchir l'occupation du Sahara occidental en projetant une image de "normalité économique" et de carte postale, occultant de facto les revendications du peuple sahraoui et la situation des droits de l'homme sur place.

Les intervenants ont appelé à sensibiliser les Européens aux conséquences de leurs choix touristiques. Ils ont souligné que ces entreprises violent le droit international et la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) en opérant dans ces territoires sans le consentement des autorités sahraouies. La CJUE a établi que l'accord aérien conclu entre l'Union européenne et le Maroc ne pouvait s'appliquer au Sahara occidental.

Le Front Polisario a annoncé une action en justice devant la justice espagnole pour obtenir l'annulation de l'autorisation permettant à Ryanair d'assurer des vols vers Dakhla. Cette action judiciaire s'appuie sur la jurisprudence européenne relative au statut du territoire. La Commission européenne a rappelé à plusieurs reprises que l'accord aérien euro-méditerranéen entre les deux parties ne couvrait pas l'espace aérien sahraoui.

Cette bataille judiciaire prolonge le combat mené sur le terrain politique et diplomatique contre les tentatives d'imposer comme acquise la colonisation du Makhzen sur le Sahara occidental. Les Sahraouis revendiquent leur droit à l'autodétermination et à la souveraineté sur leur territoire. La communauté internationale est appelée à prendre en compte les implications de ses choix touristiques.

La conférence de Madrid a mis en lumière les enjeux liés à l'occupation du Sahara occidental et les conséquences de l'exploitation de ses ressources naturelles. Les participants ont souligné l'importance de soutenir les efforts du peuple sahraoui pour faire valoir ses droits légitimes. La situation au Sahara occidental reste une question sensible et complexe qui nécessite une attention particulière de la part de la communauté internationale.

Key points

  • Le tourisme est utilisé comme instrument de légitimation de l'occupation marocaine du Sahara occidental.
  • La conférence de Madrid a dénoncé les projets touristiques développés par le Maroc à Dakhla.
  • Le Front Polisario a engagé une action en justice pour faire annuler l'autorisation accordée à Ryanair pour desservir Dakhla.

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SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.