Un crash aérien est survenu le 25 septembre à Kenge, dans la province du Kwango, en République démocratique du Congo. L'aéronef, un Let 410 immatriculé 9S-GUC, exploité par Tracep Congo aviation, transportait une délégation officielle revenant d'une mission de service à Kikwit. L'avion s'est écrasé dans une parcelle du quartier Manzawu, dans la commune de Masikita, tuant les 17 personnes à bord, dont deux hauts responsables de la justice militaire.

L'opposant Claudel Lubaya a réagi à ce drame en mettant directement en cause la responsabilité politique du vice-Premier ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba Gombo. Selon M. Lubaya, M. Bemba doit répondre de l'état d'un secteur régulièrement endeuillé par des crashs, des naufrages, des déraillements et des accidents de la route. Il estime que la fonction de M. Bemba l'oblige à répondre de l'état général du secteur, des insuffisances de contrôle, des failles de sécurité et des dysfonctionnements persistants.

Claudel Lubaya a dénoncé le silence des autorités après le crash, regrettant que ni le ministre des Transports ni l'Autorité de l'aviation civile ne se soient publiquement exprimés sur les faits établis plus de douze heures après l'accident. Il a demandé une communication de crise coordonnée et maîtrisée, dans laquelle chaque institution assumerait précisément son rôle. M. Lubaya s'est également élevé contre la publication, par le président du conseil d'administration de la Régie des voies aériennes, de données techniques relatives à la navigation sur son compte personnel.

Le leader de l'UDA originelle a demandé si Jean-Pierre Bemba était toujours à sa place, estimant que sa responsabilité politique était désormais engagée. Il s'est étonné de voir M. Bemba échapper à l'exercice de la redevabilité publique malgré l'accumulation des tragédies. M. Lubaya a contesté l'existence d'un quelconque privilège permettant au ministre de se soustraire durablement à cette obligation, rappelant que « gouverner, c'est assumer ».

Face à l'émotion suscitée par le crash, le président Félix Tshisekedi a ordonné une enquête approfondie afin d'établir les circonstances et les causes exactes de l'accident. Le ministère de la Justice a annoncé l'ouverture sans délai d'une enquête judiciaire préliminaire destinée à établir les faits, à identifier les éventuels manquements et à déterminer les responsabilités qui pourraient être engagées. Les recherches ont été interrompues avant de reprendre, tandis que les dépouilles étaient transférées à la morgue pour les formalités d'identification et de restitution aux familles.

Trois jours de deuil national ont été décrétés à partir du lundi 28 septembre. Les drapeaux ont été mis en berne sur l'ensemble du territoire jusqu'à l'inhumation des personnalités décédées. Les autorités ont appelé la population à la retenue et demandé d'éviter la diffusion d'images ou de propos susceptibles de porter atteinte à la dignité des victimes et à la douleur de leurs proches. Seul le corps du pilote a été retrouvé intact.

L'enquête devra répondre aux questions techniques et opérationnelles qui entourent le crash de Kenge, notamment sur les causes de l'accident et les éventuels manquements ayant contribué à ce drame.

Key points

  • Claudel Lubaya demande des comptes à Jean-Pierre Bemba sur la situation du secteur des transports en RDC.
  • Un crash aérien a tué 17 personnes à Kenge, dans la province du Kwango.
  • Le président Félix Tshisekedi a ordonné une enquête approfondie sur les circonstances de l'accident.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.