La cheffe de la mission de l'ONU en Centrafrique, Valentine Rugwabiza, a entamé une tournée dans le pays pour évaluer le dispositif de la Minusca, dont le renouvellement du mandat sera soumis à un vote du Conseil de sécurité dans plus d'un mois. Cette tournée intervient dans un contexte où la situation sécuritaire en Centrafrique s'est améliorée ces dernières années, mais où plusieurs groupes armés demeurent actifs.
La Minusca, déployée en 2014, a entamé une réorganisation de son dispositif dans le pays enclavé d'Afrique centrale. Selon Mme Rugwabiza, "la Centrafrique de 2026 n'est pas la Centrafrique de 2014", justifiant ainsi la réévaluation du dispositif de la mission. La réorganisation de la Minusca vise à concentrer ses moyens sur les zones où les menaces restent fortes, notamment aux frontières et le long des couloirs de transhumance.
La tournée de Mme Rugwabiza a débuté à Paoua, dans le nord-ouest du pays, où elle a rencontré les autorités locales. Elle s'est également rendue à Bangassou, dans le sud-est, et à Bria, dans le centre-est, pour y rencontrer les autorités locales et évaluer la situation sécuritaire. Cette tournée doit permettre à la Minusca de mieux comprendre les besoins des populations locales et d'adapter son dispositif en conséquence.
La Minusca a déjà transféré en juin sept de ses bases opérationnelles aux autorités centrafricaines. Ce redéploiement "ne constitue pas un désengagement, mais une adaptation aux nouvelles réalités du terrain", selon Yaye Sene, porte-parole de la mission onusienne. La tournée de Mme Rugwabiza doit permettre d'évaluer cette nouvelle configuration et de déterminer les besoins futurs de la mission.
Dans certaines régions de Centrafrique, la situation sécuritaire reste préoccupante. Dans le sud-est, à la frontière avec la République démocratique du Congo, les attaques et enlèvements perpétrés par la milice AAKG continuent d'alimenter l'insécurité. Fin septembre, le coordinateur humanitaire des Nations Unies en Centrafrique a condamné les attaques répétées contre le personnel et les opérations humanitaires dans cette région.
La situation humanitaire en Centrafrique reste également préoccupante. Près de 20 000 personnes risquent d'être privées d'une assistance vitale en raison des attaques répétées contre les opérations humanitaires dans le sud-est du pays. La Minusca et les autorités centrafricaines doivent travailler ensemble pour améliorer la situation sécuritaire et permettre aux populations d'accéder aux services de base.
La réévaluation du dispositif de la Minusca intervient à un moment où la situation politique et sécuritaire en Centrafrique continue d'évoluer. Le renouvellement du mandat de la mission onusienne sera soumis à un vote du Conseil de sécurité dans plus d'un mois. La tournée de Mme Rugwabiza doit permettre de déterminer les besoins futurs de la mission et de proposer des recommandations pour améliorer la situation sécuritaire en Centrafrique.
Key points
- La Minusca réévalue son dispositif en Centrafrique pour s'adapter aux nouvelles réalités du terrain.