Une étude menée par des chercheurs de l’Université de Yaoundé I et de l’Institut de recherches médicales et d’études des plantes médicinales (IMPM) a mis en évidence la présence de six métaux lourds dans des produits issus d’élevages avicoles camerounais. Les analyses ont identifié du plomb, du nickel, de l’arsenic, du cadmium, du chrome et du mercure dans des prélèvements réalisés dans trois régions : le centre, le littoral et l’ouest.

Les chercheurs ont analysé 48 poulets et 180 œufs provenant de 12 élevages, soit quatre exploitations dans chacune des trois régions. Les analyses chimiques ont ensuite été réalisées sur 18 échantillons composites : six de muscles, six de foies et six d’œufs. Les résultats montrent que les concentrations de mercure détectées dans les foies de poulets sont particulièrement élevées, entre 798,3 et 845,5 microgrammes par kilogramme.

Les résultats de l’étude attirent également l’attention sur le chrome et le cadmium, qui ont été retrouvés dans les différents échantillons. Les concentrations de chrome mesurées se situent entre 53,7 et 60,4 µg/kg dans les muscles et de 13,7 à 15 µg/kg dans les foies. Pour le cadmium, les concentrations relevées atteignent 27,3 à 29,6 µg/kg dans les muscles, 2,6 à 3,9 µg/kg dans les foies et 9,2 à 9,9 µg/kg dans les œufs.

Les chercheurs appellent à renforcer la surveillance de la chaîne de production pour déterminer si les résultats observés correspondent à des contaminations ponctuelles ou à un phénomène plus large. La taille de l’échantillon est en effet limitée et les prélèvements ne couvrent que 12 exploitations dans trois régions, ce qui ne permet pas d’établir la prévalence de la contamination à l’échelle nationale.

L’étude intervient dans un secteur devenu important pour l’approvisionnement alimentaire du Cameroun. La qualité sanitaire des produits et des intrants constitue donc un enjeu à la fois sanitaire, économique et agricole. Les autorités camerounaises disposent déjà d’un dispositif de contrôle des denrées alimentaires, mais des campagnes d’analyses plus étendues et régulières sont nécessaires.

Les chercheurs évoquent notamment l’utilisation d’aliments et d’intrants importés comme une possible source de contamination. Cette hypothèse reste toutefois à documenter par des analyses supplémentaires permettant d’identifier précisément l’origine des métaux retrouvés dans les animaux et les œufs. Des contrôles portant sur les provendes, l’eau, les matières premières utilisées dans l’alimentation animale et l’environnement des élevages permettraient de mieux déterminer les voies de contamination.

L’OMS souligne que le plomb, l’arsenic, le mercure et le cadmium présents dans les aliments peuvent constituer des risques sanitaires et que la contamination peut provenir notamment de la pollution des sols et de l’eau ou de certaines étapes de la production alimentaire. Les autorités camerounaises doivent désormais déterminer les mesures à prendre pour minimiser les risques sanitaires liés à la présence de métaux lourds dans la filière avicole.

Key points

  • - Des chercheurs camerounais ont détecté des métaux lourds dans des échantillons de poulets et d’œufs. - Les résultats de l’étude montrent que les concentrations de mercure détectées dans les foies de poulets sont particulièrement élevées. - Des campagnes d’analyses plus étendues et régulières sont nécessaires pour déterminer la prévalence de la contamination à l’échelle nationale.

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SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.