Le lundi 21 septembre 2026, Maître Alice Nkom a été condamnée par la justice camerounaise à un an de prison avec sursis et à une amende de 500.000 francs CFA, soit environ 760 euros. Cette condamnation fait suite à une affaire dans laquelle Maître Alice Nkom est poursuivie pour avoir refusé de déférer à une convocation du préfet de Douala et pour avoir brisé les scellés apposés sur les locaux du Redhac, du Réseau des défenseurs des droits humains d’Afrique centrale (Redhac) dont elle est aussi la présidente du conseil d’administration.
Maître Alice Nkom est connue au Cameroun et au-delà pour son engagement en faveur des droits des personnes LGBTQ+. Dans une interview accordée à Éric Topona, elle a réagi à cette condamnation, expliquant que les faits qui lui sont reprochés sont liés à sa qualité de présidente du conseil d’administration du Redhac. Elle a précisé que la convocation du préfet de Douala est arrivée à un moment où elle ne pouvait plus y répondre.
Selon Maître Alice Nkom, la convocation a été envoyée à une adresse du quartier, sans indication précise de son lieu de résidence. Elle a également souligné que le jugement est rendu par Yaoundé, ce qui suggère que les ordres au tribunal viennent de la capitale camerounaise. Maître Alice Nkom a ainsi exprimé ses inquiétudes quant à l’impartialité de la justice dans cette affaire.
Le 6 décembre 2024, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a suspendu cinq organisations non gouvernementales, dont le Redhac, pour une durée de trois mois. Il exige de la transparence sur l’identité de leurs bailleurs et sur la gestion de leurs fonds, invoquant des soupçons de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme.
Maître Alice Nkom a contesté ces exigences, affirmant que le Redhac fonctionne conformément à une loi internationale qui est au-dessus de la Constitution camerounaise. Elle a souligné que le Cameroun respecte le principe de la hiérarchie des normes, qui donne la priorité aux conventions internationales signées et ratifiées par le président de la République.
Maître Alice Nkom a également souligné que les organisations non gouvernementales, comme le Redhac, ont le droit de recevoir des fonds et des financements extérieurs pour leurs activités liées aux droits de l’homme. Elle a regretté que le ministre de l’Administration territoriale n’ait pas envoyé d’équipe d’enquête pour vérifier les livres comptables et interroger les responsables du Redhac avant de prendre des sanctions.
L’affaire Maître Alice Nkom a suscité un vif intérêt au Cameroun et à l’étranger, en raison de son engagement en faveur des droits des personnes LGBTQ+ et de la liberté d’association. Les organisations de défense des droits de l’homme et les militants pour la liberté d’expression ont exprimé leur solidarité avec Maître Alice Nkom et leur inquiétude quant à la situation des droits de l’homme au Cameroun.
Key points
- Maître Alice Nkom a été condamnée à un an de prison avec sursis et à une amende de 500.000 francs CFA pour avoir refusé de déférer à une convocation du préfet de Douala et pour avoir brisé les scellés apposés sur les locaux du Redhac.