Le ministre de la Communication de Côte d'Ivoire, Amadou Coulibaly, a lancé un appel aux acteurs de l'écosystème numérique à transformer l'intelligence artificielle en un véritable levier de création d'emplois, d'entreprises, de compétences et de valeur sur le continent africain. Cette déclaration a été faite à l'occasion de l'ouverture de la deuxième édition de l'AITEK Innovation Summit, qui se tient à Abidjan-Marcory. Le thème de cette édition est « De l'intelligence artificielle à l'impact ».

Selon Amadou Coulibaly, l'intelligence artificielle n'est plus une promesse, mais une réalité présente dans les administrations, les banques, les hôpitaux et les entreprises. Il a souligné que l'enjeu n'est plus de savoir si l'intelligence artificielle va transformer les organisations, mais de déterminer qui en fixera les règles, qui maîtrisera les infrastructures et qui en tirera le plus de valeur. Le ministre a également exprimé son inquiétude quant au risque que les jeunes Africains maîtrisent l'intelligence artificielle, mais doivent chercher ailleurs pour trouver les moyens de l'exercer.

Amadou Coulibaly a identifié trois exigences essentielles pour construire la souveraineté numérique : la maîtrise des données, la sécurité et les compétences. Concernant les données, il a précisé que leur maîtrise ne signifie pas nécessairement qu'elles doivent toutes être conservées sur le territoire national. Cependant, les États doivent savoir où elles sont traitées, selon quelles règles, qui peut y accéder et surtout conserver « la capacité de choisir ».

Le ministre a souligné que la maîtrise des données nécessite la disponibilité d'infrastructures et de compétences, ainsi qu'une coopération entre les pays africains. Il a également relevé que l'intelligence artificielle accroît les capacités des acteurs malveillants, notamment à travers les cyberattaques, les campagnes de désinformation, les fraudes et les intrusions. Amadou Coulibaly a insisté sur le coût de la manipulation de l'information pour la cohésion sociale et la confiance entre l'État et les citoyens.

Amadou Coulibaly a également plaidé pour une plus grande implication des entreprises, startups, intégrateurs, éditeurs et ingénieurs ivoiriens dans les projets de transformation numérique. Il a invité les donneurs d'ordres publics et privés à intégrer davantage les compétences locales dans leurs arbitrages. Selon lui, la proximité et la connaissance de l'environnement socioculturel constituent des atouts économiques importants.

Le ministre de la Communication a souligné que la transformation numérique de la Côte d'Ivoire ne peut reposer uniquement sur l'importation de la technologie. Elle doit aussi construire les capacités nécessaires pour intégrer, adapter, déployer et maintenir ces solutions dans la durée. Il a souhaité que les travaux de cette deuxième édition permettent de faire un diagnostic lucide des insuffisances persistantes en matière de qualité des données, de modernisation des systèmes et de renforcement des compétences.

La deuxième édition de l'AITEK Innovation Summit a pour but de permettre aux participants de franchir une nouvelle étape : « parler moins de ce que la technologie rend possible et décider davantage de ce que nous voulons faire ». Le ministre a enfin placé la jeunesse au cœur de cette transformation, souhaitant que ce sommet permette de déboucher sur des décisions et des engagements concrets.

Key points

  • Le ministre de la Communication ivoirien appelle à transformer l'intelligence artificielle en emplois, entreprises et valeur pour l'Afrique.
  • Trois exigences essentielles pour construire la souveraineté numérique ont été identifiées : la maîtrise des données, la sécurité et les compétences.
  • Le ministre souhaite que les travaux de ce sommet débouchent sur des décisions et des engagements concrets.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.