La Tunisie a enregistré une progression dans la collecte céréalière, avec une récolte de 1,1 million de tonnes, principalement composée de blé dur. L'Office des céréales a annoncé que ces quantités couvriront les besoins du marché local jusqu'en janvier 2027. Cependant, la situation reste préoccupante, notamment pour le blé tendre, qui est essentiel pour la production de pain. La collecte de blé tendre n'a atteint que 110 000 tonnes, soit un mois de consommation.
La Tunisie distingue deux types de céréales : le blé dur et le blé tendre. Le blé dur est utilisé pour la semoule, les pâtes et le couscous, tandis que le blé tendre est utilisé pour la farine et la production de pain. La collecte de blé dur représente environ 0,8 million de tonnes, ce qui couvre huit mois de consommation. Cependant, la production locale de blé tendre ne couvre qu'un mois de consommation, obligeant le pays à importer la majorité de ses besoins.
La collecte de blé tendre a presque doublé en un an, passant de 60 000 à 110 000 tonnes. Cependant, l'ordre de grandeur reste dérisoire, car même doublée, la production locale de blé tendre ne nourrit le pays qu'un mois par an. La Tunisie produit à peine 9% de la farine qu'elle consomme, et le reste est importé de l'étranger.
Les chiffres officiels ne concordent pas toujours, notamment entre l'Office des céréales et le ministère de l'Agriculture. Pour la récolte 2025-2026, la présidente-directrice générale de l'Office des céréales avance une production de 1,7 à 1,8 million de tonnes, tandis que le ministère de l'Agriculture évoque plus de 2 millions de tonnes. Cet écart de près de 20% entre services d'un même État soulève des questions sur la fiabilité des données.
La Tunisie peine également à stocker les céréales, avec des capacités de stockage limitées. La présidente-directrice générale de l'Office des céréales a reconnu que le stockage au-delà de 0,8 million de tonnes pose problème, obligeant l'Office à louer des espaces pour 130 000 tonnes supplémentaires. Le stock de sécurité reconstitué ne couvre qu'environ deux mois de consommation, ce qui est insuffisant pour un pays importateur.
La facture des importations de céréales est élevée, avec une valeur de 3 054,1 millions de dinars à fin 2024. Les achats de céréales représentent encore 48,2% de toutes les importations alimentaires. La Tunisie doit importer environ 1,1 million de tonnes de blé tendre par an, ce qui coûte environ 815 millions de dinars.
La dépendance de la Tunisie à l'égard de la Russie est préoccupante, avec le blé russe représentant environ 40% de l'approvisionnement de la Tunisie en blé sur la campagne 2023-2024. Cette dépendance est doublement fragile, car elle porte sur le produit le plus sensible socialement, la baguette subventionnée, et se concentre sur un fournisseur unique dans une région sensible.
Key points
- La collecte céréalière progresse en Tunisie mais reste insuffisante pour couvrir les besoins du pays.
- La Tunisie est fortement dépendante des importations de céréales, notamment de blé tendre.
- La dépendance à l'égard de la Russie est préoccupante, avec le blé russe représentant 40% de l'approvisionnement de la Tunisie en blé.