L'étudiant Lukas Banyai, 18 ans, a cessé de respirer à 6 heures du matin le 23 août, une heure seulement après qu'une infirmière l'a constaté vivant à son chevet. Il avait été admis au centre hospitalier de Compiègne-Noyon quelques heures plus tôt, après avoir participé à une soirée de pré-intégration organisée hors du campus de l'Université de technologie de Compiègne (UTC).

La soirée s'est tenue le 22 août dans un appartement privé et une cour, dans l'Oise. Deux groupes rivaux, désignés en interne comme les rouges et les jaunes, y organisaient des défis liés aux traditions d'intégration de rentrée. Huit étudiants étaient directement impliqués dans ces épreuves, tandis que d'autres personnes assistaient à la soirée. Selon sa mère, Cinzia, Lukas avait tenu le rôle de mascotte pour l'un des deux groupes l'année précédente.

Des enregistrements consultés par la famille après les faits montrent le jeune homme ingurgitant rapidement une canette de bière lors de l'un des défis. La fête a pris fin vers 22 heures et des camarades ont raccompagné Lukas jusqu'à son logement. Ressentant un malaise durant la nuit, il a contacté lui-même le SAMU et a été conduit aux urgences une heure après son appel.

Une infirmière l'a trouvé respirant à 5 heures du matin ; à son retour soixante minutes plus tard, il ne respirait plus. Le décès a été officiellement constaté à 9 heures. La procureure de la République, Caroline Gaziot, a confirmé l'ouverture d'une enquête au commissariat de Compiègne, tandis que des analyses toxicologiques étaient toujours en cours.

La famille, représentée par son avocate Valérie Bloch, a déposé une plainte contre X pour bizutage et homicide involontaire auprès du parquet de Compiègne. « Lukas était un jeune homme en bonne santé, ils ne s'y attendaient pas », a indiqué l'avocate. Le bizutage constitue un délit depuis la loi du 17 juin 1998, codifiée à l'article 225-16-1 du Code pénal.

Cinzia dénonce des pratiques qu'elle juge encore tolérées dans certains établissements : « On ferme les yeux. Jusqu'à ce qu'il y ait un drame. » L'UTC n'a pas communiqué publiquement sur les circonstances précises de cette soirée organisée par le bureau des étudiants. Les causes exactes du décès demeuraient indéterminées un mois après le drame.

Le bizutage est puni de six mois d'emprisonnement et 7 500 euros d'amende ; les peines doublent lorsque la victime est une personne vulnérable. La mère de Lukas a réagi avec émotion, déclarant : « Jamais je n'aurais imaginé qu'il y avait de telles pratiques. »

Key points

  • Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes du décès de Lukas Banyai.
  • La famille a déposé une plainte pour bizutage et homicide involontaire.
  • Le bizutage est un délit puni par la loi depuis 1998.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.