Deux ans se sont écoulés depuis les élections locales du 23 novembre 2017 dans la wilaya de Béjaïa. La gestion des collectivités locales par les élus est diversement appréciée. Sur les 52 communes que compte la wilaya, de nombreuses Assemblées communales (APC) se sont retrouvées minées par des divergences internes. Les citoyens de différentes localités ont contesté et fermé des routes pour revendiquer un meilleur cadre de vie.
Les exécutifs communaux ont été pressés par les plaintes des habitants qui n'ont vu aucun projet de développement aboutir. Les communes rurales sans ressources ont eu du mal à gérer leurs affaires, tandis que les municipalités aux entrées financières conséquentes ont été affectées par des luttes intestines et un manque de cohabitation entre élus. Des grèves à répétition, des fermetures de sièges de mairies et des remaniements répétitifs ont caractérisé ces localités.
Rares sont les Assemblées communales de Béjaïa à avoir rendu compte de leurs bilans de gestion à leurs administrés. Un membre du mouvement associatif de la Soummam a souligné que l'éthique politique recommande aux élus de respecter les engagements pris vis-à-vis des citoyens. Il y a eu une sorte de gestion hasardeuse des affaires des municipalités, mais il faut aussi prendre en compte le legs de plusieurs années de non-gestion qui a provoqué du retard en matière de développement.
Certaines APC de Béjaïa ont connu une stabilité, à l'image de Sidi Aïch, Sidi Ayad, Akfadou, Tinebdar, Tazmalt, Chemini, Seddouk, Melbou et Tamridjt. Cependant, beaucoup d'autres ont fait l'objet de contestations, notamment Béjaïa, Oued Ghir, Tifra, Adekar, Taourirt Ighil, Akbou et El Flaye. Le FFS et le RCD avaient dominé le scrutin des élections locales APC/APW du 23 novembre 2017.
Le wali de Béjaïa, Maâbed, est intervenu pour tenter de réconcilier les élus de certaines communes minées par des conflits. Une réunion a regroupé les élus de la commune de Tifra, minée par une "guerre" entre maire et élus de l'opposition. L'administration s'est aussi penchée sur le cas de l'APC d'El Flaye, qui est dans l'impasse depuis le vote du 23 novembre dernier.
Le développement des communes est toujours attendu, notamment en matière d'aménagement des routes, de transport, d'action sociale, de stationnement, de création d'aires de détente, d'eau et de gaz de ville. Les citoyens de plusieurs localités estiment que ces promesses électorales n'ont pas été tenues à ce jour. Certains élus estiment qu'un plan spécial de développement pour les zones rurales est nécessaire.
La commune de Boudjellil, où le vote fut annulé, est gérée depuis le 23 novembre 2017 par un administrateur. Les APC bloquées et minées par des conflits posent un véritable problème kafkaïen pour l'administration de wilaya. Le règlement sera appliqué si les élus ne trouvent pas une issue dans un délai de dix jours.
Key points
- Les Assemblées communales de Béjaïa ont dressé un bilan mitigé de leur gestion deux ans après les élections locales.
- Des divergences internes ont miné de nombreuses Assemblées communales.
- Les citoyens attendent toujours des projets de développement dans plusieurs localités.