Le rapport d'Avocats sans frontières Canada (ASF Canada) sur les violences basées sur le genre à l'égard des femmes défenseures des droits humains et des femmes journalistes au Bénin et au Sénégal a été officiellement lancé le 29 octobre 2026 à Azalaï Hôtel Cotonou. Ce document de 88 pages met en lumière la situation difficile de certaines femmes journalistes exerçant au Bénin. Selon le rapport, 55% des femmes journalistes au Bénin sont victimes de violences sexuelles, notamment d'avances sexuelles, pressions hiérarchiques et représailles professionnelles.

Le traitement des données issues des entretiens individuels révèle une exposition des femmes défenseures des droits humains et des femmes journalistes aux violences basées sur le genre (VBG) à hauteur de 55% au Bénin. Cette proportion témoigne de l'ampleur du problème. Les femmes journalistes sont souvent victimes de violences sexuelles de la part de leurs supérieurs hiérarchiques. Un témoignage anonyme rapporté dans le document illustre les conséquences d'un refus face à un supérieur.

Une professionnelle, qui a requis l'anonymat, a confié avoir été victime de violence sexuelle lors d'une mission dans le Nord du Bénin avec son rédacteur en chef. Elle a été forcée à coucher avec lui et, suite à son refus, a passé la nuit à même le sol dans la chambre d'hôtel, sans fermer l'œil de peur qu'il ne la viole. Depuis son retour de cette mission, plus aucune tâche ne lui a été confiée malgré ses compétences.

Le rapport note que les violences dans les médias ne se limitent pas aux sollicitations ou aux agressions sexuelles. Les représailles rapportées après le refus d'avances incluent le retrait de missions, la mise à l'écart et des prélèvements imposés sur les perdiems. Les participantes aux échanges organisés dans le cadre de l'étude évoquent également la banalisation de certains comportements : attouchements, propos discriminatoires ou appellations déplacées.

La hiérarchie peut devenir un obstacle à la dénonciation des violences. Le rapport mentionne notamment la peur de représailles, l'isolement professionnel et la précarité de certaines situations d'emploi. Refuser une avance ou dénoncer un supérieur peut compromettre l'accès à des missions ou à d'autres possibilités de travail.

Face à ces situations, le rapport préconise des dispositifs de signalement sûrs, indépendants et confidentiels. Il recommande également un meilleur accès à l'accompagnement juridique et psychosocial, ainsi que des mesures de prévention au sein des médias. Les rédactions sont directement concernées : les règles internes doivent permettre aux journalistes de signaler des faits de harcèlement sans craindre de perdre leur emploi.

Le rapport d'ASF Canada souligne l'importance de protéger les femmes journalistes contre les violences sexuelles. Les mécanismes de protection doivent être renforcés pour permettre aux femmes journalistes de travailler dans un environnement sûr et sans crainte de représailles. Les recommandations du rapport visent à améliorer la situation des femmes journalistes au Bénin et à promouvoir l'égalité des genres dans les médias.

Key points

  • 55% des femmes journalistes au Bénin sont victimes de violences sexuelles.
  • Les violences dans les médias sont souvent liées aux rapports de pouvoir et aux relations hiérarchiques.
  • Le rapport préconise des dispositifs de signalement sûrs et un meilleur accès à l'accompagnement juridique et psychosocial.

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SaharaWire Newsroom
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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.