La deuxième Évaluation nationale des risques (Enr) du Bénin révèle que la forte circulation des espèces est l'une des vulnérabilités du dispositif béninois de lutte contre les flux financiers illicites. L'utilisation importante des espèces et le poids des activités informelles demeurent des facteurs de risque qui compliquent la traçabilité de certains flux financiers. Le risque global de blanchiment de capitaux est désormais situé à un niveau moyen, contre un niveau élevé lors de la précédente évaluation.

Les systèmes financiers décentralisés (Sfd) figurent parmi les activités concernées par les vulnérabilités liées aux pratiques économiques. L'évaluation leur attribue un risque résiduel moyen. Parmi les facteurs relevés figurent l'utilisation importante des espèces, ainsi que des difficultés de traçabilité et de contrôle susceptibles de limiter l'efficacité des mesures d'atténuation. L'enjeu ne tient donc pas uniquement au volume des opérations réalisées.

Le secteur immobilier présente un profil comparable à celui des Sfd. L'Enr classe son risque résiduel à un niveau moyen. Le rapport relève l'importance des transactions en espèces, la persistance de difficultés autour de l'identification des bénéficiaires effectifs et le niveau encore limité de formalisation de certains acteurs. Ces facteurs réduisent la visibilité sur les opérations et compliquent les dispositifs de connaissance de la clientèle et de traçabilité.

Le niveau de risque est en revanche élevé pour les agréés de change manuel et les passeurs de fonds. L'Enr classe ce segment à risque résiduel élevé, avec une menace et des vulnérabilités elles-mêmes évaluées à un niveau élevé. Le rapport met en évidence la forte utilisation des espèces, la perméabilité aux réseaux informels et les difficultés de supervision.

L'Enr préconise une approche différenciée pour lutter contre les flux financiers illicites : une surveillance proportionnée aux risques et un renforcement des mécanismes de contrôle là où les vulnérabilités sont les plus importantes. La deuxième Enr ne se limite pas à la question des sanctions ; elle identifie les faiblesses structurelles qui permettent aux risques de persister.

L'amélioration de la qualité des données, l'identification des bénéficiaires effectifs, la traçabilité des opérations et le renforcement de la supervision figurent parmi les leviers du dispositif. Le président de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif), Abdou Rafiou Bello, a rappelé la vocation de l'évaluation à éclairer l'action publique et à adapter les réponses aux risques identifiés.

Le ministre délégué auprès du ministre de l'Économie et des Finances, chargé des Finances et de la Microfinance, Nicolas Yènoussi, a insisté sur les enjeux stratégiques de la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération, notamment pour la mobilisation des ressources publiques, la confiance des investisseurs et la crédibilité de l'économie nationale.

Key points

  • La forte circulation des espèces est l'une des vulnérabilités du dispositif béninois de lutte contre les flux financiers illicites.
  • Le secteur immobilier et les systèmes financiers décentralisés présentent des risques résiduels moyens.
  • Le niveau de risque est élevé pour les agréés de change manuel et les passeurs de fonds.

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SaharaWire Newsroom
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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.