Selon un rapport annuel des Nations unies publié lundi, la proportion de femmes et de filles parmi les civils tués dans les conflits armés a atteint 25 % en 2025. Cette situation s’inscrit dans un contexte marqué par la multiplication des conflits et l’utilisation croissante d’armes capables de frapper des zones densément peuplées. Le rapport souligne que sur plus de 37 000 civils tués en 2025, une personne sur quatre était une femme ou une fille.

En quatre ans, la proportion de femmes et de filles parmi les victimes civiles a doublé. Selon ONU Femmes, au moins 25 femmes et filles sont tuées chaque jour dans les conflits armés. Environ 750 millions de femmes et de filles vivent désormais à moins de 50 kilomètres d’un conflit actif, soit 40 millions de plus qu’en 2024. Cette situation est particulièrement préoccupante, car les femmes et les filles sont exposées à des risques accrus de violences sexuelles et de déplacements forcés.

Les femmes et les filles sont particulièrement exposées aux violences sexuelles dans les zones de conflit. Entre 2022 et 2025, le nombre de cas de violences sexuelles liées aux conflits vérifiés par les Nations unies a presque quadruplé. Cette hausse concerne les cas documentés par l’organisation, mais l’ampleur réelle de ces violences pourrait être plus importante, de nombreuses victimes rencontrant des difficultés pour signaler les faits, accéder à une protection ou obtenir justice.

L’évolution des méthodes de guerre accentue également les risques pour les populations civiles. Le recours croissant aux drones et aux armes à longue portée dans les zones habitées expose davantage les femmes et les filles aux attaques. Les Nations unies s’inquiètent aussi des risques associés aux nouvelles technologies militaires utilisant l’intelligence artificielle. Les conséquences des conflits se prolongent par ailleurs sur le plan économique et social.

Quelque 170 millions de femmes et de filles vivent à la fois dans une zone de conflit et dans l’extrême pauvreté, avec moins de trois dollars par jour. Elles représentent près de 40 % des femmes et des filles confrontées à cette précarité dans le monde. À cette situation s’ajoute le poids des tâches domestiques et des soins non rémunérés. Dans les pays touchés par les conflits, les femmes y consacrent cinq fois plus de temps que les hommes, soit un écart deux fois supérieur à la moyenne mondiale.

Malgré leur exposition croissante aux conséquences des guerres, les femmes demeurent marginalisées dans les processus de négociation. En 2025, elles ne représentaient que 5 % des négociateurs dans les 57 processus de paix examinés à travers le monde, contre 7 % en 2024. Ce recul intervient 26 ans après l’adoption de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui souligne l’importance de la participation pleine et entière des femmes à la prévention des conflits, aux négociations de paix et à la reconstruction.

Le rapport souligne également le contraste entre l’augmentation des dépenses militaires et la diminution de l’aide internationale. En 2025, les dépenses militaires mondiales ont atteint un montant record de 2 900 milliards de dollars, tandis que les organisations humanitaires et les structures de soutien aux populations touchées par les conflits font face à des difficultés financières croissantes. Selon ONU Femmes, 40 % des organisations féminines actives dans les contextes de crise prévoient de suspendre ou de cesser définitivement leurs activités au cours des douze prochains mois, faute de financements suffisants.

Key points

  • Les femmes et les filles représentent 25% des civils tués dans les conflits armés en 2025.
  • Au moins 25 femmes et filles sont tuées chaque jour dans les conflits armés.
  • Les dépenses militaires mondiales ont atteint un montant record de 2 900 milliards de dollars en 2025.

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SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.