L'Algérie, la Tunisie, l'Italie, l'Autriche et l'Allemagne ont signé une déclaration ministérielle pour renforcer leur coopération et accélérer le développement du South H2 Corridor, un projet destiné à acheminer 4 millions de tonnes d'hydrogène vert algérien par an vers l'Europe. Cette déclaration a été signée jeudi à Alger par les ministres de l'Énergie des cinq pays. Le projet vise à créer un corridor d'hydrogène vert entre l'Afrique du Nord et l'Europe.

Le South H2 Corridor doit permettre d'acheminer jusqu'à 4 millions de tonnes d'hydrogène vert par an depuis l'Algérie vers l'Italie, l'Autriche puis l'Allemagne. Ce volume représente environ 10 % de la demande européenne attendue en hydrogène vert à l'horizon 2040. Le projet prévoit un tracé d'environ 3 000 kilomètres à travers la Tunisie et la Méditerranée. L'infrastructure doit contribuer à diversifier les approvisionnements énergétiques européens et à renforcer les échanges énergétiques entre l'Europe et l'Afrique du Nord.

L'un des principaux intérêts du projet réside dans la possibilité d'utiliser, après adaptation et modernisation, une partie des infrastructures existantes de transport du gaz naturel. Cette approche pourrait permettre de réduire certains coûts et délais liés à la construction d'un réseau entièrement nouveau. Le projet doit toutefois encore franchir plusieurs étapes techniques, réglementaires et financières avant sa réalisation complète.

Le réseau envisagé relierait les installations de production algériennes au réseau européen en passant par la Tunisie, l'Italie et l'Autriche jusqu'à l'Allemagne. Les données disponibles indiquent cependant que les coûts définitifs des différentes sections algérienne et tunisienne restent confidentiels et que les modalités précises de réutilisation des infrastructures doivent encore être déterminées.

Pour la Tunisie, le projet présente une dimension stratégique particulière puisqu'elle constitue un pays de transit essentiel entre l'Algérie et l'Europe. La participation tunisienne au dispositif a été confirmée lors de la réunion ministérielle d'Alger. Au-delà du transit énergétique, le corridor pourrait favoriser le développement d'activités industrielles et logistiques liées à l'hydrogène et renforcer la coopération énergétique entre les deux pays du Maghreb.

Le projet constitue une tentative de prolonger le rôle traditionnel de l'Algérie en tant que fournisseur énergétique de l'Europe vers les nouvelles filières bas carbone. L'Algérie dispose d'un potentiel solaire important et cherche à développer une capacité de production d'hydrogène renouvelable destinée à la consommation intérieure et à l'exportation. Le gouvernement algérien a également engagé des coopérations industrielles autour des électrolyseurs et des technologies nécessaires à la production d'hydrogène.

La signature de la Déclaration d'Alger ne constitue toutefois pas encore le démarrage du lancement commercial de l'infrastructure. Elle marque une nouvelle étape politique et technique dans la préparation d'un projet dont la réalisation dépendra encore des études de faisabilité, des investissements et des décisions réglementaires.

Key points

  • Le South H2 Corridor doit permettre d'acheminer jusqu'à 4 millions de tonnes d'hydrogène vert par an depuis l'Algérie vers l'Europe.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.