Les relations entre l'Algérie et les Émirats arabes unis (EAU) se sont détériorées ces dernières années, selon des informations révélées par le quotidien algérien El Watan. Un projet immobilier, baptisé Dounia Park, a été à l'origine de cette crise. Ce projet, chiffré à 500 millions d'euros, aurait eu pour objectif de faire sortir illégalement du pays une somme avoisinant les 5 milliards de dollars. Abdelmadjid Tebboune, alors ministre de l'Habitat, aurait refusé de donner son feu vert à ce dossier porté par des intérêts émiratis.

Selon El Watan, ce refus aurait été à l'origine de l'hostilité entre les deux parties. Les Émirats arabes unis auraient tenté d'influencer le parcours électoral du président algérien, notamment lors des présidentielles de 2019 et de 2024. Le 8 février 2026, Tebboune avait évoqué des tentatives d'ingérence dans les scrutins présidentiels, sans citer nommément les Émirats arabes unis. Le journal algérien précise que des cercles d'influence proches d'Abou Dhabi se seraient mobilisés à Paris pour tenter de contrarier la réélection du chef de l'État algérien.

La crise entre les deux pays s'est aggravée avec la signature des accords d'Abraham en septembre 2020, qui ont scellé la normalisation des relations entre les Émirats et Israël. L'Algérie, qui ne reconnaît pas l'État hébreu, perçoit l'élargissement de la présence israélienne au Maghreb et au Sahel comme une menace pour sa sécurité régionale. Les Émirats arabes unis sont également soupçonnés de financer des groupes armés dans plusieurs pays voisins, dont les Forces de soutien rapide au Soudan et des réseaux actifs au Mali et en Libye.

Le président algérien a régulièrement dénoncé ces accusations de déstabilisation régionale, sans jamais désigner directement le pays visé. Le 10 septembre 2026, le ministère algérien des Affaires étrangères a annoncé la rupture des relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis, en raison d'une multiplication des agissements provocateurs de la part d'Abou Dhabi. L'ambassadeur émirati a été convoqué et s'est vu accorder un délai de 48 heures pour se conformer à la décision.

Dans la soirée du 10 septembre, l'espace aérien algérien a été fermé aux avions militaires et civils émiratis, à l'exception des vols commerciaux maintenus jusqu'à fin 2026. Les deux pays entretenaient des relations diplomatiques depuis l'indépendance de l'Algérie en 1962. Cette rupture met fin à plus de six décennies de liens officiels ininterrompus entre les deux capitales.

Les conséquences de cette rupture diplomatique sur les relations économiques et politiques entre les deux pays sont encore incertaines. Les échanges commerciaux entre l'Algérie et les Émirats arabes unis sont importants, notamment dans les secteurs de l'énergie et des infrastructures. La rupture des relations diplomatiques pourrait également avoir des implications pour la sécurité régionale, notamment dans le contexte de la lutte contre le terrorisme.

Les analystes politiques estiment que cette rupture diplomatique est révélatrice des tensions croissantes entre l'Algérie et les Émirats arabes unis, notamment sur les questions de sécurité régionale et de politique étrangère. Les mois à venir seront cruciaux pour déterminer l'évolution de cette crise et ses implications pour la région.

Key points

  • La rupture des relations diplomatiques entre l'Algérie et les Émirats arabes unis est due à des différends électoraux et de sécurité régionale.
  • Le projet immobilier Dounia Park a été à l'origine de la crise entre les deux pays.
  • La signature des accords d'Abraham a aggravé les tensions entre l'Algérie et les Émirats arabes unis.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.