Le Fonds monétaire international (FMI) a publié un nouveau rapport sur l'évolution de l'économie algérienne, à l'issue des consultations au titre de l'article IV. L'institution salue les réformes engagées qui, selon elle, ont favorisé la diversification de l'économie et une croissance robuste. Le rapport note également le retrait de l'Algérie de la liste grise du GAFI.
Selon le FMI, la croissance du PIB de l'Algérie s'est établie en 2025 à 3,9% et devrait rester « robuste », à 3,8%, en 2026. La croissance du secteur des hydrocarbures était de 1,3% en 2025 et devrait passer à 2,5% en 2026. En revanche, la croissance hors hydrocarbures est plus marquée, à 4,3% en 2025 et 4,6% en 2026.
Le FMI note que l'inflation était négative (-0,2%) en septembre 2025, mais elle est montée à 5,2% en avril 2026, en raison de la fin de la déflation des prix des denrées alimentaires et de la forte hausse des prix des bijoux à la suite de la hausse des prix de l'or. La mission du FMI estime que la hausse des recettes des hydrocarbures améliore les perspectives à court terme et offre la possibilité de « reconstituer les marges de manœuvre ».
Le rapport du FMI note toutefois la persistance d'un déficit budgétaire élevé, bien qu'il ait diminué en 2025, grâce aux versements de dividendes élevés ponctuels des entreprises publiques et de la Banque d'Algérie. Dans un contexte « d'épuisement des marges de manœuvre budgétaires », les besoins de financement toujours importants ont résulté en une « hausse de la dette publique et au recours au financement par la banque centrale ».
Le FMI préconise des réformes plus profondes et une meilleure place du privé pour soutenir une croissance plus forte et plus résiliente. Le déficit extérieur s'est considérablement détérioré sous l'effet de la hausse des importations et de la baisse des exportations d'hydrocarbures, avec comme conséquence « une forte réduction » des réserves internationales.
Les conditions monétaires « se sont assouplies » parallèlement à un « financement accru de l'État par la banque centrale », et l'augmentation de la prime du taux de change parallèle. Le FMI résume son appréciation en estimant que les efforts de diversification de l'économie et le retrait de l'Algérie de la liste du GAFI sont « bienvenus ».
Selon le FMI, la valeur unitaire à l'exportation du pétrole brut devrait fortement augmenter en 2026 à 92,6 dollars contre 69,4 dollars en 2025, mais elle baissera à 82,4 dollars en 2027. Pour le PIB en valeur courante, il devrait s'établir à 43.024 milliards de dinars contre 37.389 milliards de dinars en 2025. Pour les réserves officielles brutes, elles devraient baisser à 46,5 milliards de dollars en 2025.
Key points
- Le FMI prévoit une croissance économique robuste pour l'Algérie en 2026, à 3,8%.
- La croissance du secteur des hydrocarbures devrait passer à 2,5% en 2026.
- Le FMI préconise des réformes plus profondes et une meilleure place du privé pour soutenir une croissance plus forte et plus résiliente.