L'Algérie ambitionne de faire de l'hydrogène vert un nouveau pilier de sa politique énergétique. Grâce à son fort ensoleillement, à de vastes espaces disponibles et à des infrastructures énergétiques déjà en place, le pays souhaite produire de l'hydrogène renouvelable et l'exporter vers l'Europe. Le projet SoutH2 Corridor, qui reliera l'Afrique du Nord à l'Europe centrale, est stratégique pour l'Union européenne, qui le présente comme une infrastructure clé pour la transition énergétique et la coopération avec l'Afrique du Nord.

La Commission européenne soutient officiellement le SoutH2 Corridor dans le cadre de sa stratégie Global Gateway. Bruxelles considère ce projet comme une infrastructure d'intérêt stratégique, capable de renforcer la sécurité énergétique, de diversifier les approvisionnements et de créer des investissements en Afrique du Nord. Des études de faisabilité sont déjà engagées et des projets de production sont en développement en Algérie et en Tunisie.

L'Italie, l'Allemagne et l'Autriche montrent un intérêt croissant pour le potentiel énergétique de l'Algérie. L'Italie, déjà reliée à l'Algérie par des gazoducs, joue un rôle clé, tandis que l'Allemagne et l'Autriche se tournent vers les futurs approvisionnements en hydrogène. Le ministre autrichien de l'énergie a présenté le SoutH2 Corridor comme un projet qui rapproche cinq pays dans un contexte de mutations géopolitiques et géoéconomiques.

Le projet ALTEH2A, qui réunit Sonatrach, Sonelgaz, VNG, Snam, SeaCorridor et VERBUND, vise à développer une chaîne intégrée de production d'hydrogène vert en Algérie et son transport vers l'Europe. Le gazoduc Nigeria-Niger-Algérie complète ce dispositif, tandis que le Transsaharien doit acheminer le gaz nigérian jusqu'au réseau algérien, puis vers les marchés européens.

L'Algérie ne se contenterait plus d'être productrice et exportatrice d'énergie ; elle deviendrait également un pays de transit. Le projet algérien s'appuie sur un réseau gazier déjà connecté à l'Europe, contrairement au projet concurrent Nigeria-Maroc, qui traverse treize pays sur près de 6 800 kilomètres et nécessite un investissement estimé à 25 milliards de dollars.

Le projet Nigeria-Maroc est confronté à de multiples obstacles, notamment financiers, techniques et géopolitiques, en raison du tracé qui prévoit une liaison à travers le Sahara occidental occupé. Le sort de ce projet dépend de facteurs qui dépassent le seul financement et la construction.

L'Algérie entend transformer sa position géographique en plateforme entre l'Afrique, la Méditerranée et l'Europe. La multiplication des projets, l'implication des industriels et le soutien de Bruxelles nourrissent cette ambition. L'Algérie vise ainsi à s'imposer comme un hub énergétique majeur du sud de l'Europe, avec le gaz naturel, l'hydrogène vert et les énergies renouvelables comme piliers de sa stratégie énergétique.

Key points

  • L'Algérie souhaite produire de l'hydrogène vert et l'exporter vers l'Europe via le projet SoutH2 Corridor.
  • Le projet SoutH2 Corridor est stratégique pour l'Union européenne, qui le présente comme une infrastructure clé pour la transition énergétique et la coopération avec l'Afrique du Nord.
  • L'Algérie ambitionne de devenir un hub énergétique majeur en Afrique du Nord et en Europe.

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SaharaWire Newsroom
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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.