De la terre à l’assiette, l’aubergine africaine, appelée communément « goyo » en bambara, raconte une histoire de femmes, de savoir-faire et de résilience. À Baguinéda, dans un jardin maraîcher où la terre garde encore les traces des dernières récoltes, Mme Adiara Doumbia veille sur ses plants. Productrice depuis plusieurs années, elle connaît les exigences de cette culture qui demande patience, attention et disponibilité.
Le goyo est une culture qui nourrit beaucoup de familles, selon Mme Doumbia. Quand nous avons de l’eau et de bonnes semences, nous pouvons produire suffisamment. Mais le travail commence bien avant la récolte. Entre la préparation du sol, la mise en pépinière, l’entretien des plants, l’arrosage et la lutte contre les ravageurs, la culture de l’aubergine africaine exige un investissement quotidien.
La productrice doit également faire face au coût des intrants et aux difficultés liées à l’accès à l’eau, particulièrement en période sèche. Pourtant, malgré ces contraintes, Mme Doumbia ne cache pas son attachement à cette activité. « C’est une plante qui nous accompagne depuis longtemps. Elle permet de gagner de l’argent et de nourrir les familles », témoigne-t-elle.
Du champ au marché, le goyo suit un circuit où chaque acteur joue un rôle précis. Après la récolte, les produits prennent la direction des marchés urbains où les grossistes et détaillantes assurent leur distribution. Au marché Wonida, Salimatou accueille chaque jour les arrivages. Grossiste, elle achète une partie de la production auprès des maraîchers avant de la redistribuer aux détaillantes.
Le goyo est beaucoup demandé par les clientes, selon Salimatou. Certaines viennent spécialement chercher les feuilles parce qu’elles connaissent son goût et ses qualités dans les sauces. Mais derrière cette activité commerciale se cachent aussi des incertitudes. Le produit est fragile et doit être vendu rapidement. Une mauvaise conservation, un retard dans le transport ou une baisse de la demande peuvent provoquer des pertes importantes.
Pour Salimatou, l’organisation de la filière reste un défi majeur. « Nous avons besoin de meilleures conditions de transport et de conservation pour éviter que les produits se gâtent avant d’être vendus », souligne-t-elle. À côté des grossistes, d’autres femmes sillonnent les quartiers pour rapprocher le produit des consommateurs. C’est le quotidien de Rokia, vendeuse ambulante.
Le panier de Rokia devient un véritable lien entre le marché et les consommateurs. Elle propose des produits frais et de qualité, tout en offrant un service de proximité. La filière du goyo est un exemple de l’importance de l’agriculture et de la commercialisation des produits locaux au Mali. Les femmes qui y participent jouent un rôle essentiel dans l’économie et la nutrition du pays.
Key points
- Les femmes jouent un rôle essentiel dans la filière du goyo, entre production, commercialisation et consommation.
- La culture du goyo exige un investissement quotidien et fait face à des défis tels que l'accès à l'eau et les coûts des intrants.
- L'organisation de la filière du goyo est un défi majeur pour les acteurs, notamment en termes de transport et de conservation.