À Accra, capitale du Ghana, une nouvelle réalité se dessine dans les cimetières privés. Ces derniers proposent aux plus fortunés des espaces soigneusement aménagés, entretenus et organisés selon leurs moyens. Les générations précédentes partageaient les mêmes lieux d'inhumation, mais désormais, même après la mort, chacun peut reposer selon son rang social. Cette tendance révèle que les inégalités économiques ne s'arrêtent plus aux portes du cimetière.

Le Gethsémani Memorial Garden, situé dans l'un des secteurs les plus huppés d'Accra, est l'un de ces cimetières privés qui offrent un visage luxueux. Pelouses entretenues, arbres, fleurs et allées aménagées créent un cadre calme et ordonné. Ce cimetière chrétien non confessionnel accueille les dépouilles de personnalités et de familles aisées. Les familles peuvent choisir entre tombe individuelle, tombe double ou espace familial, selon leurs moyens.

Le prix d'une tombe individuelle est estimé à environ 640 euros, une somme considérable dans un pays marqué par de fortes disparités économiques. Mais ce qui est encore plus troublant, c'est que ces emplacements ne sont pas acquis pour l'éternité. Les concessions sont accordées initialement pour vingt ans, et les familles doivent renouveler leur accord et s'acquitter des frais correspondants à la fin de cette période.

Si la concession n'est pas renouvelée, les restes peuvent être déplacés et faire l'objet d'une nouvelle inhumation. Certains membres des classes les plus aisées vont même jusqu'à acheter des concessions à l'avance, pour leurs parents ou pour eux-mêmes et leurs familles. Le cimetière prévoit ainsi des emplacements destinés à une inhumation prochaine et d'autres acquis à l'avance, sans date d'utilisation déterminée.

Cette tendance révèle que la mort est devenue une propriété, et que les inégalités économiques prennent une dimension vertigineuse. La vie peut sembler futile, les richesses peuvent disparaître, mais pour certains, les choses continuent jusqu'à la tombe. Les différences de classe ne disparaissent pas nécessairement avec le dernier souffle, elles changent simplement de forme.

Les cimetières privés d'Accra montrent que les barrières sociales ne tombent pas nécessairement avec la mort. Les gens passent une vie à construire des barrières entre les uns et les autres, alors que la mort devrait être précisément le moment où toutes ces barrières tombent. À Accra, il semble que ces barrières changent simplement d'adresse, de la maison au quartier, du quartier au cimetière, et désormais, jusque dans la tombe.

Cette situation soulève des questions sur l'évolution des mentalités et des valeurs dans la société ghanéenne. Les inégalités économiques et sociales semblent s'immiscer dans tous les aspects de la vie, y compris la mort. Les Ghanéens et les étrangers vivant à Accra sont confrontés à une réalité où même la mort est devenue un luxe que seuls les plus fortunés peuvent se permettre.

Key points

  • Les cimetières privés d'Accra proposent des espaces luxueux pour les plus fortunés.
  • Les concessions dans ces cimetières sont accordées pour une période limitée et peuvent être renouvelées.
  • Les inégalités économiques ne s'arrêtent plus aux portes du cimetière à Accra.

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SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.