Les discussions entre les États-Unis et l'Ukraine à Miami ont été interrompues ce 10 octobre après l'annonce d'un accord énergétique entre Moscou et Washington. La délégation ukrainienne a annulé la deuxième journée de discussions et abrégé son séjour aux États-Unis. L'accord prévoit la livraison de 300 000 tonnes de diesel russe dès octobre, puis de 500 000 tonnes en novembre et d'un million de tonnes supplémentaires par la suite.
Selon le vice-Premier ministre russe Alexandre Novak, les exportations pourraient atteindre trois millions de tonnes par mois à terme. Washington a également accordé une dérogation temporaire aux sanctions américaines, valable jusqu'au 7 avril 2027. Cet accord a bouleversé les discussions de Miami, la délégation ukrainienne ayant été prise de court par cette décision sur les livraisons de diesel russe.
L'accord intervient alors que l'administration Trump réclame depuis plusieurs semaines la fin des attaques ukrainiennes contre les raffineries russes. Selon Axios, Volodymyr Zelensky aurait ignoré environ six demandes américaines en ce sens. Washington considère que ces opérations contribuent à la hausse des prix des carburants aux États-Unis et souhaitait leur arrêt sans contrepartie.
Kiev proposait de son côté de suspendre ses frappes à condition que Moscou mette également fin aux attaques contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes. Mais selon Axios, Donald Trump ne considérait pas ces deux types d'opérations comme équivalents. Les discussions à Miami avaient pourtant commencé dans un climat présenté comme constructif, abordant des garanties de sécurité, des questions territoriales et les conditions d'un éventuel règlement du conflit.
La poursuite des frappes contre les raffineries russes a néanmoins constitué un point de friction. Selon un responsable ukrainien, l'émissaire américain Steve Witkoff et Jared Kushner, gendre de Donald Trump, auraient averti Kiev d'une possible suspension du partage de renseignements si ces opérations continuaient. Les désaccords entre les États-Unis et Kiev restent cependant importants, notamment sur la poursuite des frappes contre les raffineries russes.
Malgré les demandes américaines et l'accord énergétique entre Moscou et Washington, Kiev entend poursuivre ses frappes contre les installations pétrolières russes. Selon le Financial Times, un haut responsable ukrainien a confirmé cette intention. Donald Trump a parallèlement durci ses critiques envers Volodymyr Zelensky, estimant que l'Ukraine avait besoin d'un nouveau dirigeant capable de négocier un accord avec la Russie.
De son côté, Moscou maintient sa disponibilité pour des discussions avec Washington sur les questions énergétiques et les perspectives d'un règlement du conflit, comme l'illustrent les échanges entre les deux présidents. Les discussions entre les États-Unis et l'Ukraine à Miami ont finalement été écourtées, les deux parties n'ayant pas pu trouver un terrain d'entente sur les questions litigieuses.
Key points
- L'accord énergétique entre Moscou et Washington a été annoncé à l'issue d'un entretien téléphonique entre Vladimir Poutine et Donald Trump le 9 octobre.
- La délégation ukrainienne a annulé la deuxième journée de discussions et abrégé son séjour aux États-Unis après l'annonce de l'accord énergétique.
- Les désaccords entre les États-Unis et Kiev restent importants, notamment sur la poursuite des frappes contre les raffineries russes.