Après plusieurs semaines de tensions, un accord a été signé le 30 octobre entre le ministère de l'Enseignement supérieur et les principaux syndicats estudiantins, mettant fin à la grève générale qui paralysait l'enseignement supérieur mauritanien. La grève, marquée par un boycott massif des cours et un déploiement sécuritaire important, a finalement trouvé une issue négociée.
La mobilisation, initiée par la "Fratrie estudiantine pour la défense des droits et des acquis", reposait sur une plateforme de revendications sociales urgentes, notamment la révision des tarifs de transport, l'accès au logement universitaire et l'élargissement des bourses. Les étudiants exigeaient principalement la révision des tarifs de transport, jugés insupportables pour les budgets estudiantins, qui étaient passés à 600 MRO par jour.
L'accord signé entre les autorités et les syndicats estudiantins se concentre principalement sur la refonte structurelle du transport universitaire. Un abonnement mensuel spécifique pour les étudiants a été mis en place, fixé à 3 500 MRO pour 50 trajets, ramenant le coût unitaire du trajet à 70 MRO. Le tarif traditionnel à 50 MRO par trajet unique est maintenu sur le réseau de lignes classiques non encore converties au BHNS.
Les étudiants devront toutefois passer à un paiement exclusivement électronique via l'application de billetterie électronique (E-Ticket) pour bénéficier du tarif à 50 MRO. L'Administration s'est également engagée à éditer de nouveaux carnets de tickets physiques pour le réseau traditionnel, pour anticiper les fractures numériques ou les problèmes de connexion sur le campus.
L'accord révèle un compromis pragmatique, mais qui penche nettement en faveur d'une victoire syndicale sur le plan social. Les syndicats d'étudiants ont réussi à faire plier le gouvernement sur le caractère non négociable de l'accessibilité financière au campus. Le retour au calme s'est fait sans capitulation et les leaders syndicaux s'imposent comme des interlocuteurs incontournables face à l'État.
Le ministère de l'Enseignement supérieur et la STP n'ont pas totalement cédé, ni sans contreparties. L'État valide sa stratégie de modernisation des services publics en imposant l'usage exclusif de l'application E-Ticket pour bénéficier du tarif à 50 MRO, réduisant la fraude et la manipulation de monnaie fiduciaire.
La reprise des cours s'effectue sous le signe d'un arbitrage serré où la rue a su faire valoir ses droits. Les étudiants ont obtenu gain de cause sur les tarifs de transport, mais le ministère a réussi à faire accepter ses réformes structurelles de modernisation technologique.
Key points
- Les étudiants mauritaniens obtiennent un tarif réduit pour le transport en commun.
- L'accord impose l'usage exclusif de l'application E-Ticket pour bénéficier du tarif réduit.
- La grève a paralysé l'enseignement supérieur mauritanien pendant plusieurs semaines.