Adjoavi, une Béninoise de 38 ans, en fauteuil roulant depuis cinq ans, éprouve chaque matin des difficultés pour se rendre au travail à cause des infrastructures inadaptées de sa ville. Le trottoir devant sa maison est barré par une rampe privée trop pentue, l'obligeant à descendre sur la chaussée. Elle n'est pas la seule à faire face à ce genre d'obstacle. Des milliers de Béninois en situation de handicap, de personnes âgées, de parents avec des poussettes se heurtent quotidiennement à des infrastructures qui semblent avoir été conçues sans tenir compte de leur existence.

Les normes PMR (Personnes à Mobilité Réduite) définissent les caractéristiques minimales que doivent respecter les aménagements urbains pour permettre à tous de circuler librement et en sécurité. Ces normes, issues des standards internationaux, sont largement appliquées dans les pays développés. Elles fixent des exigences précises telles qu'une largeur minimale de 1,40 mètre pour les cheminements piétons, une pente longitudinale de 5% pour les trottoirs, et un abaissement de bordure de deux centimètres maximum aux passages piétons.

Confrontées à la réalité des villes béninoises, ces normes sont loin d'être respectées. Sur la route des Pêches, des passages piétons sont matérialisés mais débouchent sur des caniveaux ou des obstacles. Les rampes privées sur les trottoirs ont des pentes de 40%, soit quatre fois la norme maximale autorisée, rendant le trottoir impraticable pour les fauteuils roulants. Les passages piétons sont souvent surélevés de vingt à vingt-cinq centimètres par rapport à la chaussée, sans abaissement de bordure, rendant la traversée impossible pour les personnes à mobilité réduite.

Le Bénin investit massivement dans le développement touristique, mais la question se pose de savoir si le pays est accessible aux touristes handicapés. Les infrastructures actuelles ne permettent pas aux visiteurs en fauteuil roulant de circuler librement ou de accéder à des sites culturels et des restaurants en toute sécurité. Cette situation a un coût économique, en plus du coût humain et moral.

Intégrer les normes PMR dans les aménagements urbains n'est pas une révolution technique. Des solutions simples et peu coûteuses existent, comme l'abaissement des bordures aux passages piétons, la vérification systématique des prescriptions avant réception des ouvrages, et le contrôle des rampes privées traversant les trottoirs. Les nouveaux projets routiers et d'aménagement urbain doivent intégrer un chapitre accessibilité PMR dans leurs cahiers des charges.

L'accessibilité est un droit fondamental reconnu par la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées, que le Bénin s'est engagé à respecter. Les autorités, notamment le Ministère du Cadre de Vie et les mairies, sont interpellées pour prendre des mesures concrètes. Construire des infrastructures modernes qui excluent une partie de la population, c'est construire à moitié.

Le Bénin que nous bâtissons doit être un Bénin pour tous, sans exception, sans condition, sans obstacle. Les autorités doivent prendre en compte les besoins des personnes à mobilité réduite dans les aménagements publics. Des solutions existent, il est temps de les mettre en œuvre pour un Bénin plus inclusif et accessible à tous.

Key points

  • Le Bénin doit intégrer les normes PMR dans ses aménagements urbains pour garantir l'accessibilité à tous.

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SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.