La Guinée célèbre le 2 octobre 2026, ses 68 ans d'indépendance. À Kankan, les jeunes expriment leur fierté nationale tout en évoquant leurs attentes sociales. Le 28 septembre 1958, la Guinée a choisi la souveraineté en disant "Non" au référendum proposé par le général de Gaulle, ouvrant la voie à son accession à l'indépendance. Soixante-huit ans après, l'héritage de cette indépendance continue de nourrir les réflexions à Kankan.

Pour Djoumen Sacko, acteur de la société civile et coordinateur régional de l'ONG Agir pour la paix et le développement de la Guinée (APDG), l'indépendance renvoie avant tout à la souveraineté nationale. Il considère le choix de 1958 comme un marqueur essentiel de l'histoire nationale et insiste sur la nécessité de préserver les acquis de cette souveraineté. La monnaie, c'est le tout premier symbole de l'indépendance de la Guinée, soutient-il.

Les jeunes de Kankan évoquent également leurs attentes en matière d'emploi, de financement et de formation. Djoumen Sacko souligne que de nombreux obstacles persistent, notamment le chômage, le manque de financement, la précarité, les difficultés administratives et l'insuffisance de la formation professionnelle. Il appelle les pouvoirs publics à créer un environnement favorable à l'entrepreneuriat et au développement des initiatives privées.

Cissé Kaïssa Sékou, acteur de la société civile, met l'accent sur la dimension économique de l'indépendance. Il estime que la réhabilitation des anciennes unités industrielles ayant marqué l'histoire économique du pays pourrait contribuer à améliorer les perspectives d'emploi des jeunes. Il plaide pour le développement du secteur industriel en complément de l'emploi public.

Makalé Souaré, activiste de la société civile, déplore une célébration parfois réduite au port des couleurs nationales, à la musique et aux manifestations festives. Elle souhaite que la commémoration du 2 octobre soit également un moment pour débattre de la souveraineté et des perspectives de développement du pays. Selon elle, cette période devrait permettre aux jeunes de réfléchir sur les solutions à apporter aux difficultés sociales.

Les jeunes de Kankan souhaitent également davantage de place dans les décisions publiques. Momad Lamine, jeune entrepreneur, estime que l'indépendance symbolise la liberté et la renaissance nationale. Il appelle les pouvoirs publics à renforcer leur accompagnement et à favoriser une participation accrue des jeunes aux espaces de décision.

À 68 ans de l'indépendance, la jeunesse de Kankan rappelle que la mémoire de 1958 ne se limite pas à la célébration d'un événement historique. Elle nourrit aussi une interrogation sur les moyens de répondre aux aspirations des nouvelles générations. Les jeunes de Kankan attendent des actions concrètes pour répondre à leurs préoccupations en matière d'emploi, de formation et de participation aux décisions publiques.

Key points

  • La jeunesse de Kankan exprime ses attentes en matière d'emploi, de formation et de participation aux décisions publiques.
  • La souveraineté nationale est considérée comme un héritage à préserver par les jeunes de Kankan.
  • La réhabilitation des unités industrielles et le développement du secteur industriel sont proposés comme solutions pour améliorer les perspectives d'emploi des jeunes.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.